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craie, de manière à former ainsi une plaie-forme sur laquelle il éleva probablement un sanctuaire. Celte disposition existe encore aujourd'hui ; le massif du Haram est isolé de trois côtés, au sud, à l'ouest et au nord. A l'est, il se relie à la colline avec laquelle la plate-forme est de plain-pied. La partie sud de l'enceinte, qui seule est accessible et visible dans tout son développement, présente les particularités suivantes, qui se reproduisent probablement, sauf de légères variantes, sur les deux autres faces. La base du mur, jusqu'à une certaine hauteur, est unie. Ce n'est qu'arrivée à une élévation de quatre ou cinq mètres que celte base se termine par une retraite en plan incliné, sur laquelle posent les pilastres qui suivent le même plan que la base, et forment ainsi une saillie de vingt centimètres sur le mur en retraite. — Le sol intérieur de la plate-lorme doit correspondre à la retraite et se trouver de niveau avec elle. »
» L'enlrée primitive de la chambre sépulcrale se trouvant condamnée par le mur de la face ouest du massif, on en pratiqua une autre qui , du niveau de la plate-forme , s'ouvre sur un escalier taillé dans le roc et qui conduit au tombeau d'Abraham. L'entrée primitive, nous dit-on, est toujours visible. C'est un long couloir, muré dans le fond ; des lampes nombreuses y brûlent jour et nuit. L'accès en est sévèrement défendu, même aux musulmans qui n'appartiennent pas à une secte particulière. »
» Sur les deux faces sud et nord du massif se trouvent des escaliers qui, après l'avoir contourné, conduisent à une porte pratiquée dans le mur est. Nous n'avons pu pénétrer jusque-là, et les renseignements recueillis à son sujet n'ont rien pu nous donner de précis. Est-elle contemporaine du grand mur d'enceinte, est-elle postérieure ? Nous l'ignorons. »
• L'édifice, aujourd'hui transformé en mosquée, qui se trouve dans la partie sud de la cour, nous paraît avoir été une
basilique chrétienne. Je n'y ai trouvé aucun des caractères qui distinguent les églises élevées en Palestine par les croisés. Les traces des colonnes formant l'exonarthex sont encore visibles. Dans l'intérieur de la mosquée, l'on fait voir les cénotaphes d'Abraham, de Sarah, d'Isaac et de Rébecca; ceux de Jacob et de Léa se trouvent placés sous deux petites coupoles situées à l'autre extrémité de la, cour. »
» Nous aurions désiré pouvoir reproduire , par la photographie, la face sud de l'enceinte ; cela nous a été complètement impossible. Quelques fanatiques avaient déjà ameuté la populace; on nous insultait. Une explosion était inévitable si nous avions persisté dans nos investigations ; nous dûmes battre en retraite et nous contenter de quelques mesures prises à la hâte. Nous eûmes plus de succès du côté nord. Il nous fut possible, en nous glissant à travers des plantations d'oliviers et de vignes, de nous approcher suffisamment de l'enceinte sacrée pour pouvoir en faire une épreuve. Malheureusement sur celte face les blocs, d'une dimension fort remarquable du reste, n'ont plus ces proportions majestueuses qui caractérisent les côtés ouest et sud. De plus, leur encadrement disparait dans une couche de chaux appliquée par les Arabes pour raccorder la construction judaïque avec un mur de construction récente qui, de ce côté, couronne la plate-forme d'une série de créneaux. »
» Haram-Ramet^el-Khalil. A trente minutes environ d'IIébron, sur la droite de la route que Ton suit pour aller à Jérusalem, nous devions trouver une enceinte carrée, que l'on nous avait signalée comme étant une piscine. On lui donne ordinairement le nom de Ramet~el-Khalil. Effectivement, à l'endroit indiqué, nous trouvâmes nn grand espace de terrain couvert de ruines d'habitations. Nous apprîmes des gens du pays que cet endroit s'appelait Ramet-el-Khalil (lieu élevé du bien-aimé). A peu près au centre de ces ruines, on voit l'enceinte carrée dont on nous avait parlé, et que l'on nomme Haram-Ramet-el-
Khaiil (le lieu saint du lieu élevé du Bien-Aimé). Ces noms sont caractéristiques et n'ont pas besoin de commentaires. Nous sommes incontestablement sur l'emplacement occupé jadis par Abrabam et les siens. Nous nous garderons bien cependant de faire remonter au temps de ce patriarche les édifices dont nous voyons les ruines aujourd'hui. Les décombres qui couvrent le pays me semblent appartenir à l'époque romaine ; quant à l'enceinte carrée dont nous allons nous occuper, elle est évidemment beaucoup plus ancienne. »
» Cette enceinte est construite sur un plan légèrement incliné; deux de ses faces sont seules visibles, les autres sont ensevelies sous les terres qui, vu la disposition du terrain, sont venues peu à peu s'amonceler contre les murs est et nord de l'enceinte, au point de recouvrir ceux-ci. Les faces visibles sont remarquables par leur construction soignée et la grandeur de l'appareil. Les pierres n'ont pas de bossage ; elles sont lisses sur leurs faces externes et posées de champ. L'épaisseur de ces pierres n'est pas en rapport avec leur superficie. Entre les blocs formant, l'un le parement externe, l'autre la paroi interne du mur, est un espace rempli par un blocage. Le parement interne de la façade semble avoir été remanié. Parmi les blocs qui le composent, on en remarque deux portant des traces de crapaudines. La distance entre les trous n'est pas la même pour les deux blocs, qui ne peuvent donc avoir appartenu à la même porte, l'un comme seuil, l'autre comme linteau. Nous n'avons pas retrouvé de traces de sculpture. Dans l'angle sudouest se voit un puits bien appareillé , mais de construction relativement récente. Parmi les pierres servant de margelle, on remarque un fragment de corniche d'une extrême simplicité. Il se compose de plans lisses et de plans coupés. »
» Je crois reconnaître, par le mouvement des terres comprises daus l'enceinte, la disposition primitive du sol. Un tiers -environ du terrain est de niveau avec le seuil de l'entrée prin-
cipale. Le second tiers forme une terrasse de l m ,50 à 2 ra , et se reliant à une troisième terrasse par deux pentes douces. J'insiste sur cette particularité, cette disposition ne pouvant être l'effet du hasard. L'intérieur de l'enceinte est protégé contre l'envahissement des terres par l'élévation actuelle de ses murs, qui atteignent presque partout le niveau du sol extérieur du côté où le terrain est le plus élevé. Sur la face interne du mur dans lequel est pratiquée la porte, on remarque dans les joints de quelques grandes assises des traces de mortier appliqué probablement après coup. Nous avons observé que ni à l'intérieur, ni à l'extérieur de l'enceinte, on ne trouvait de traces des pierres qui complétaient ces murs. *
» Il résulte des observations qui précèdent que jamais le Haram-Ramet-el-Khalil n'a pu être une piscine ; ses murs n'auraient pu résister à la poussée des eaux ni à leur infiltration. Je n'y reconnais pas davantage les restes d'une basilique dont parle le pèlerin de Bordeaux. Cette dernière pourrait bien se retrouver dans des ruines que l'on voit non loin de là, et qui, de nos jours, s'appellent encore Kherbdh-Nassarah, les ruines chrétiennes. 11 est évident pour nous que les ruines du Haram- Ramet-el-Khalil sont celles d'une enceinte sacrée, dont l'origine remonte certainement à une haute antiquité.