‹ Madagascar au début du xxe siècleChapitre 39 sur 67 · CL. DELHORBE · texte numérisé non relu

CL. DELHORBE

moi que ceux qui en ont été les artisans ont bien mérité de la patrie. Quelles sont les colonies, françaises ou étrangères, dans lesquelles de pareils résultats ont été obtenus dans un laps de temps aussi court, combien peu même de nos anciennes possessions y sont encore arrivées ?

Mais revenons à Tagriculture.

A l'heure actuelle, le Mûrier encore a donné de bons résultats dans Tintérieur. Le Ver à soie s'y comporte bien et est exploité depuis

Fig. 221. — Pont d'Andjedjée. sur la route de Majunga k Tananarive.

longtemps par les indigènes mêmes. Il est probable que cette industrie liée à la culture pourra devenir une source de revenus importants. Il a été crée à l'établissement agronomique de Nanisana, près de Tananarive, une station d'études techniques et de travaux pratiques de sériciculture pour déterminer les meilleures espèces de Mûriers et de Vers à soie susceptibles d'être utilisées à Madagascar. Un ménage de sériciculteurs, venu du Gard, l'administre sous la haute direction du distingué et dévoué chef du service de l'agriculture, M. Prudhomme. Des distributions de semences, de plans de Mûriers, de graines de Vers à soie sont faites aux indigènes qu'on initie aux méthodes perfectionnées de cet élevage.

On rencontre partout des Cocotiers sur la côte Ouest.

Enfin, les produits des forêts qui pourront être exploités le jour où des voies de communication permettront le transport des bois si beaux et d*essences si variées qu'elles renferment, seront une nouvelle branche offerte à l'activité de nos colons. Actuellement quelques

Fig. 222. — Pont sur le Kolomandy, route de Majunka à Tananarive.

forêts, proches du rivage de la mer ou des rives de fleuves navigables, sont seules mises en coupes.

Reste rélevage, celui du Bœuf en première ligne (fig. 22i et 225), qui, tant par la qualité des bêtes que par la quantité des pâturages existants, offre de sérieuses garanties. La côte Ouest, en particulier, à cause de son régime des eaux bien établi, semble la plus apte à cette exploitation. Les Bœufs autrefois étaient nombreux à Madagascar : si la campagne et l'insurrection en ont diminué le nombre, il n'y a pas de doute qu'avec les mesures préventives prises par la Colonie, unies aux efforts des colons que cette industrie attire surtout, ce nombre, non seulement revienne à ce qu'il était autrefois, mais encore atteigne un chiffre en rapport soit avec les besoins locaux, soit avec ceux de l'exportation, qui déjà se pratique tant avec Maurice et la Réunion que la côte orientale d'Afrique.

Page 1