CL. DELHORBE
A côté de ces exploitations peuvent aussi, ainsi que je l'ai signalé, prendre place le commerce et diverses industries dans les centres importants : Tananarive, Fianarantsoa, Tamatave, Hajunga et quelques autres points sur les côtes. De grosses maisons telles que le Louvre, et des Sociétés comme les Compagnies lyonnaise et marseillaise, les établissements Gratry de Lille, la Société de Commerce et de Navigation, les bazars du Betsiléo, etc...., et des particuliers également, ont commencé à exercer leur action au plus grand profit du consommateur,
Fig. 226. — Mouton primé au concours agricole de Tananarive.
au détriment, peut-être, du petit commerçant. Mais que de centres encore ou Tinitiative d'un seul peut s'exercer et se ménager, comme je vous l'ai dit, des ressources et des bénéfices capables d'assurer la mise en valeur des modestes concessions !
Les marchandises importées consistent, vous le savez probablement tous, principalement en cotonnades écrues et imprimées, en liquides, en outils, en quincaillerie, en conserves, en articles de Paris. Tous les produits introduits autrefois étaient de provenance étrangère, américaine ou anglaise. L'application des nouveaux tarifs douaniers a fait pencher la balance en notre faveur. Les produits français entrant en franchise se sont complètement substitués à ceux de nos concurrents. Si l'industrie métropolitaine y a beaucoup gagné, la colonie ne s'en est pas moins imposé un lourd sacrifice, qui se traduit chaque année
par un déficit dans sa caisse égal au montant des droits payés autrefois par les maisons étrangères.
Pour vous donner une simple idée de l'activité des a Ifaires dans notre nouvelle colonie, les quelques chiffres suivants suniront. Le mouvement total des importations et exportations réunies se chiitralt comme suit :
En 1896 par 17 millions et des fractions
Cette progression croissante, qui s'est continué au oommencpment de 1900, dont les résultats n'ont pu encore être publiés, prouve que pendant la courte période qui nous sépare de notre installation, le temps a été bien mis à profit.
Au point de vue industriel, en dehors des entreprises minifres et forestières, de celles des transports que j'ai déjà signalées, des ^>oulangeries ont été installées dans les villes, des fabrûpies d eaux gazeuses et de glace fonctionnent sur les côtes, en mémo temps fiuo des sucreries, des distilleries et des scieries à proximité des forêts, et des ateliers métallurgiques à Tamatave. Des essais de conserve de viande ont été tentés à Antongobato, près de Diego-Suarez, de féeiilerîe et de savonnerie sur la côte Ouest. A Tananarive, une orèmorie fabrji|ue d'excellent beurre, ce qui repose un peu du beurre salé, seul employé jusqu'ici. Dans plusieurs ports, on construit des boutres et des goéîetr tes. Des carrières de pierre ont été mises en exploitation et, partout, sous la direction d'architectes et de contre-maitres eurt^péeus, de vrais maisons s'élèvent, remplaçant les anciennes cases malpiathes, constructions auxquelles des fabriques de tuiles et de briques fournissent les matériaux nécessaires.
Les communications télégraphiques se multiplient, le téléphone fonctionne à Tananarive et à Tamatave, et un de nos coui jjalriotes vient d'obtenir une concession qui lui permettra d'éclairer à l'électricité la capitale.
Un Musée commercial a été institué à Tananarive, musée ou tous