CL. DELHOHBE
les envois d'échantillons de nos industriels sont reçus avec empressement, et qui a le double avantage de renseigner les gens d'affaires
Fig. 221. — Le Gouvernement général à Tananarive.
établis dans l'Ile et de permettre à nos compatriotes d'y faire connaître leurs produits.
Fig. 228. — Une rue à Tananarive.
Une salle de dépêches et une bibliothèque, où nos éditeurs sont invités à déposer leurs ouvrages nouveaux, sont attenantes au Musée.
De larges rues ont été tracées, remplaçant les anciens sentiers im-
praticables qui parcouraient Tananarive ; des édifices ont été construita (fig. 227, 228 et 229).
Enfin, comme il ne faut pas tout sacrifier à l'utile et que^ dans ce pays surtout, on a besoin de distractions, divers journaux, en français et en malgache, se publient à Tananarive et à Tamatave.
Des cercles, communs aux civils et aux militaires, cercles tr^s confortables où les arrivants trouvent à se loger et où on donne de t>eUes fêtes, ont été ouverts dans les principaux centres.
Fig. 229. — Place d'Andohalo et kiosque & Musnitie.
A Tananarive, une société philharmonique donne des roncerts tros courus. Pour les indigènes, fort épris de musiqiM*, une fanfare que vous avez pu entendre à l'Exposition dernière jou*! plusieurs fois par semaine sur les diverses places publiques, en alternance avec celle de Tinfanterie coloniale (fig. 229).
[1 y a des vélodromes dans la plupart des villes : on y organise des courses auxquelles européens et indigènes prennent part. Tananarive, Taraatave, Fianarantsoa ont leurs champs de courses de Chevaux avec leur pari mutuel.
Enfin, un théâtre, où on joue Topera, l'opérette et la comédie fait passer d'agréables soirées à nos compatriotes établis dans la patrie
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d'Andriananponimerina, qui serait bien surpris de toutes ces innovations s'il renaissait de ses cendres.
La main d'œuvre est un des grands problèmes de la mise en valeur de Madagascar. Assez abondante dans certaines parties de l'île, dans rimerina et le Betsiléo, elle est très clairsemée sur d'autres, d'où de grandes difficultés au point de vue des établissements industriels et surtout agricoles, et la nécessité d'introduire, pour certaines entreprises, des travailleurs étrangère. La colonie s'en est déjà préoccupée : elle a envoyé sur plusieurs points des missions chargées d'étudier le recrutement de ces travailleurs; quelques-uns ont déjà été amenés dans la colonie. Tous les travaux d'utilité publique, tels que routes, chemins de fer et ports, seront faits par eux, laissant ainsi autant que possible aux colons la main d'œuvre locale, leur en cédant même sur celle qui sera importée.
Heureusement les grandes entreprises qui sont actuellement le plus à préconiser, telles que l'élevage, n'exigent pas une main d'œuvre considérable.
Pour clore définitivement cet entretien, déjà trop long, j'insiste sur la nécessité que j'ai indiquée, pour les particuliers comme pour les sociétés, de bien étudier, puis de voir sur place, avant de prendre une décision définitive. Nous ne saurions trop répéter ce qui a déjà été maintes fois signalé, à savoir que de graves erreurs ont été commises à Madagascar, par excès de généralisation, qu'il y a de bons terrains, tant pour les cultures tropicales et l'élevage que pour les cultures forestières, mais que les uns comme les autres sont enfermés dans des régions limitées et que, s'il existe de bons terrains, il y en a également beaucoup de mauvais.
Les résultats, et j'espère vous avoir démontré qu'on en a obtenu quelques-uns à Madagascar, sont dus à l'administration énergique d'abord, puis si pleine de sollicitude du général Gallieni (fig. 230). Imbu de cette idée que les colonies ne sont pas faites pour les fonctionnaires et pour les militaires, mais bien pour les colons et, par suite, pour le développement vital de la mère-patrie, le Gouverneur général n'a cessé depuis son arrivée dans la grande lie, au fur et mesure de sa pacification, c'est-à-dire progressivement et dès que l'occupation du pays conquis le permettait, de consacrer tous ses efforts pour le préparer à la colonisation et engager celle-ci dans une voie pratique.
Nous espérons tous, nous voulons tous espérer que Tœuvre commencée par lui sera également achevée par le général Gallieni, et que
Fig. 230. — Lé général GaUieni dans son cabinet lU Irav&il.
sa persévérance, toute d'abnégation parfois, fera de Madagascar une vraie terre française, ayant pour principe même de son adiniiiiâtratîon la fermeté, la bonté, et la justice, et pour base de sa colonisation Tinitiative, Tactivité et la probité.