‹ Madagascar au début du xxe siècleChapitre 43 sur 67 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

Madagascar s'étend obliquement du Nord au Sud et de TEst à TOuest sur une longueur de 14<^, du 12® au 26® degré de latitude Sud ; les quatre cinquièmes au moins de sa longueur sont compris dans h zone tropicale, le tropique du Capricorne passant par la baie do Saint- Augustin, au-^lessous de Tuléar. Un territoire aussi étendu, situé dans de telles conditions, ne peut manquer de présenter de notables variations au point de vue climatologique. En effet, on peut diviser Madagascar en plusieurs zones qui diffèrent notablement les unes des autres.

D'une façon générale, les conditions météorologiques de la cote orientale sont tout autres que celles de la côte occidentale, ce qui résulte d'une part, en ce qui concerne la côte orientale, de ce qu'elle est taiirnée vers l'Océan Indien et participe à son régime climatérique, d'autre part, en ce qui concerne la côte occidentale, de Téloignement des montagnes, de la plus grande activité de la végétation et de l'abondance relative des eaux. Nous prendrons donc comme terme de comparaison les deux villes de Tamatave et de Majunga; il est indispensable encore d'envisager deux points extrêmes, tels que Diego-Suarez et Fort-Uau ph i n pour la région côtière, en y ajoutant Tananarive pour la région des hauts plateaux. Nous n'avons d'ailleurs pas l'intention d'entier dans de longs détails au sujet de la climatologie; nous nous bornerons à un exposé rapide des faits essentiels qui peuvent avoir une importance particulière pour l'acclimatement des colons.

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La côte malgache a la réputation d'être très insalubre, réputation qu'elle partage avec un grand nombre de vallées qui s'enfoncent plus ou moins loin dans l'intérieur de l'ile. On a dit que Madagascar était le tombeau des Européens : jusqu'à ces derniers temps, on a pensé qu'une telle insalubrité tenait uniquement aux conditions climatériques, ce qui reviendrait à dire qu'elle reconnaîtrait pour cause soit la composition chimique de l'air ambiant, soit son état hygrométrique, soit les variations de la pression, de l'état électrique, de la température, etc.

On attache d'ordinaire une importance considérable à toutes ces conditions physico-chimiques : loin de moi l'intention de restreindre leur rôle outre mesure ; je dois déclarer cependant que l'insalubrité d'ime région est, dans l'immense majorité dés cas, déterminée par de tout autres causes. Les maladies qui déciment les colons dans les riions insalubres sont pour la plupart de nature parasitaire; elles sont causées par des organismes vivants qui sont transmis soit par les eaux de boisson, soit par la piqûre des Insectes, soit dans des circonstances analogues.

Je traiterai plus loin cette question avec d'amples détails; mais il était nécessaire d'indiquer dès maintenant qu'on attribue fréquemment au climat des influences pernicieuses auxquelles il reste absolument étranger. Il peut sans doute, comme on le verra, par exemple grâce à l'abondance des pluies et des eaux stagnantes, favoriser la multiplication de ces animaux propagateurs de maladies, mais il suilBt de détruire ceux-là pour arrêter l'essor de ces dernières. En quoi le climat est-il alors modifié ? En rien. Quoi qu'on en pense, il n'est donc pas le vrai coupable.

Madagascar, étant situé dans l'hémisphère austral, a des saisons inverses des nôtres : l'hiver coïncide avec notre été et réciproquement. Comprise en grande partie dans la zone tropicale, elle n'a en réalité que deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Cette dernière correspond à l'été; néanmoins, on la connaît sous le nom d'hivernage.

Diégo-Suarez est le centre de la région septentrionale, qui s'étend du cap d'Ambre jusqu'à la baie d'Antongil. Dans toute cette région, le climat est chaud et sec pendant la plus grande partie de l'année; la température moyenne est d'environ 27<>, le maximum étant de SI* et le minimum de 23®; l'air est sec et contient 70 Vo d'humidité relative. Comme le veut la position géographique, aucune autre station de l'ile ne présente une température moyenne aussi élevée. Les deux saisons

sont extrêmement tranchées. Pendant la saison sèche, qui dure de mai ou juin jusqu'à décembre, le pays présente un aspect désolé; pendant la saison des pluies, la végétation est très active, les arbres et les prairies sont verdoyants, ce qui donne un aspect gracieux au paysage. H tombe environ 700 mm. d'eau par an.

Tamatave est le centre de la région moyenne de la côte orientale. Le climat y est chaud et humide. La température moyenne est de 24®; le maximum est de 33°, en février, le minimum de 16o, en juillet; on observe une faible rémission nocturne. L'humidité de l'air est de 86 o/o. La saison des grandes pluies dure de la lin de novembre jusqu'en avril; les pluies sont littéralement continuelles. La saison sèche s'étend de mars ou avril jusqu'en novembre; elle n'est sèche que de nom, car elle est constamment coupée de petites pluies irrégulières; aussi a-t-on pu dire plaisamment de Tamatave qu'on y distinguait deux saisons : une saison des pluies et une saison où il pleut. Il tombe annuellement plus de 3 mètres d'eau.

A Fort-Dauphin, la température moyenne est de 23o8, le maximum étant de 27^ et le minimum de 18*. L'état hygrométrique de l'air est égal à 78 p. 100. Le maximum de pluie est variable; on l'observe soit en octobre, soit en janvier, soit en mars. Il tombe environ un mètre d'eau par an.

La côte occidentale a un régime météorologique bien différent; notamment lés saisons y commencent et y finissent à des époques fixes; d'avril à novembre, il ne tombe pas une goutte d'eau.

Le massif central, qui comprend le Betsiléo et l'Imérina, jouit d'un climat plus doux et plus uniforme que les autres régions de l'Ile; les deux saisons, bien que très marquées encore, y sont moins tranchées. Tananarive est le centre de cette contrée des hauts plateaux; c'est aussi la localité qui a été le mieux étudiée au point de vue météorologique, grâce à la fondation d'un observatoire par le R. P. Colin. Cet établissement a fonctionné d'une façon régulière jusqu'en 1895; il en est sorti des registres d'observations publiés à Tananarive même par rimprimerie de la Mission catholique. Détruit pendant la campagne de 1895, il vient d'être réédifié; il va donc reprendre ses utiles travaux et nous fournir une série de documents qui, en outre de leur intérêt scientifique, ne manqueront pas d'être très utiles à la colonisation.

Tananarive se trouve située par une altitude de 1.400 mètres. La température moyenne y est de 17<'7, le maximum étant de 23^3 et le

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