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côté de la terre parles Hovas, bloquée du côté de la mer par nos cuirassés, son commerce s'arrêta nel; on n’y apporta plus que des provisions de bouche et des munitions de guerre. Il fallait pourtant que les produc-
tions malgaches trouvassent des débouchés! De leur côté, les Anglais, les Américains n’entendaient pas souffrir de la crise, et voulaient, au contraire, grâce à notre éviction temporaire du marché indigène, s’en rendre les maîtres exclusifs. Le Nord étant continuellement visité par nos navires, à l'effet d'établir des communications entre les postes de l’île Sainte-Marie, de Vohémar et de Diégo-Suarez, le commerce banni de Tamatave se réfugia dans le sud. Mahanoro et Vatomandry en furent les principaux foyers. Cette dernière localité, en dépit de sa rade mhospitalière, fut la plus fréquentée. Elle s’agrandit avec une singulière rapidité. De village, elle devint ville, si l’on ne considère que le développement acquis ; à l'heure actuelle, bien que ravagée par un récent incendie, elle a conservé son importance. Ïl faut attribuer cette prospérité à plusieurs causes. D'abord, Vatomandry est à cinq ou six jours de marche de Tananarive, tandis que Tamatave en est deux fois plus éloignée. Ensuite, les Hovas, presque tous ruinés, ou tout au moins appauvris par la guerre, et désireux, conséquemment, de bénéficier des droits de douane qui leur échappent, en raison de la convention passée avec le Comptoir d’escompte de Paris, font converger leurs produits vers Vatomandry. De plus, les navires qui y ont été attirés n'en ont pas oublié le chemin. Bref, Vatomandry fait une sérieuse concurrence à Tamatave, et il est à craindre qu'elle n'arrive à usurper la première place qu'occupait auparavant sa rivale.
Pour ces causes multiples, 1l faudra encore quelque temps avant que l’ancienne capitale maritime de Madagascar reprenne sa prépondérance, avec sa physionomie habituelle. |
Quoique son climat ne soit pas des meilleurs, les trois ou quatre cents Européens qui résident à Tamatave n’ont