‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 111 sur 194 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pas trop à se plaindre des fièvres engendrées par son atmosphère. tour à tour humide et brûlante. Elle jouit cependant d’une fâcheuse réputation d’insalubrité. Il est juste de convenir qu'autrefois elle était malsaine ; mais, depuis, en même temps que sa population s'accroissait, les nombreux marais qui croupissaient au centre même de la ville ont été desséchés. Grâce à ces travaux d'assainissement, Tamatave est devenue un séjour sinon parfaitement salutaire, du moins possible, où les Européens peuvent se bien porter, à la condition, toutefois, de s’astreindre à la plus grande sobriété.

L'aspect général de la campagne, qui se déroule derrière la lagune où elle est bâtie, est riant et pittoresque. Elle l’encadre d’un parterre de prairies verdoyantes, d’où s’élancent cà et là de sombres forêts de pandanus, de manguiers et de cocotiers, et des bois odorants de jujubiers, de bananiers, d'orangers et de citronniers qui exhalent alentour leur haleine parfumée. Au delà, bornant l'horizon, se dressent en amphithéâtre les premiers plans des chaines de montagnes de l'intérieur.

Fianarantsoa. — La ville de Fianarantsoa, capitale de la province des Betsiléos, est le siège d'un gouverneur général, lequel a sous ses ordres plusieurs gouverneurs particuliers. :

Située dans une plaine, au pied de hautes montagnes, à huit jours de marche de Tananarive, elle est entourée de trois ou quatre enceintes et dominée par son rora, sorte de donjon placé au milieu d’une vaste citadelle. Elle comprend une centaine de cases et renferme environ dix mille habitants. C'est un centre important, où les missions catholique et protestante ont fondé des églises et des temples. Comme Tananarive, elle a son bazar ou marché, qui Se tient sur une grande place, tout à fait au nord de la ville.

Majunga. — Merveilleusement située dans la baie de Bombétock, coquettement perchée sur une colline qui domine toute la contrée environnante, à l'embouchure d'une rivière navigable, se trouve la charmante et intéressante petite ville forte de Majunga (Mazangaye), du nom d'une ancienne et riche cité arabe, Mandrangaie, dont on voit les ruines au pied de la colline.

Les Hovas, qui la considèrent comme un point de concentration maritime et commerciale des plus importants, y avaient établi leur principal poste. L’amiral Pierre sut les en déloger et faire restituer à la France les droits que lui avait concédés le protectorat de 1841. On y remarque sept mosquées, dont deux ou trois seulement sont fréquentées. Elle compte une population de six à sept mille habitants, mélangée d’'Indiens, d'Européens, de Sakalaves et d’Arabes, etc. ; ce qui lui donne un certain air cosmopolite.

Le vaste et profond port naturel de Majunga, bien abrité par les deux promontoires qui ferment son entrée, fait un commerce actif avec les navires américains ayant un comptoir à Zanzibar, qui y viennent annuellement faire des échanges. Les chéloniens, très nombreux dans cette contrée, forment une des branches principales du commerce extérieur, consistant en Jégumes secs, en ébène, en palissandre et en peaux de bœuf. Ce commerce local est accru de tous les produits de la région circonvoisine.

À huit jours de Tananarive pour les courriers, à douze pour les voyageurs, Majunga est le point de départ de la route la plus directe conduisant à Tananarive. Cette route, bien plus naturelle que celle de Tamatave, pourrait être rendue carrossable et serait d’une grande utilité, en cas d'expédition militaire sur la capitale des Hovas.

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