CHAPITRE V
l'Émyrne l'écriture et la lecture. Jusque-là, seuls, les ombiaches (prêtres) avaient le privilège exclusif de se servir de l'écriture arabe, pour consigner le souvenir des principaux événements.
Poids et mesures. — Le système décimal parait être en usage depuis fort longtemps à Madagascar, où il a probablement été importé par les Arabes. À défaut de chiffres, les Malgaches emploient, pour compter, des grains de millet. Ils désignent leur âge par des faits.
Dans leurs transactions commerciales, pour noter la quantité de produits qu'ils échangent, ils se servent de trois petites ficelles, d’inégale longueur et réunies ensemble par un bout, représentant, suivant leur dimension, l'unité, la demie et le quart; ils marquent sur chacune d'elles, au moyen de nœuds, les fractions divisionnaires de la marchandise à laquelle elles sont affectées. | |
Ils n’ont ni mesure de distance, ni mesure de poids, ni mesure de capacité. Pour eux, un endroit est proche ou éloigné; ils apprécient vaguement sa distance, en se basant sur le temps qu'on met généralement à la parcourir. De même, ils estiment qu'un vase est grand ou petit, un objet lourd ou léger, sans plus spécifier son volume ou son poids. Seules, les peuplades qui font le commerce avec les blancs commencent à employer la balance romaine.
Astronomie. Astrologie. — Les Malgaches n’ont pas de réelles notions en astronomie. La nature approvisionnant à profusion la grande île, ils n’ont jamais eu besoin, comme beaucoup d’indigènes des îles océaniennes, d'aller trafiquer au dehors, pour échanger leurs produits, et n’ont pas senti la nécessité de connaître cette science indispensable aux navigateurs. Néanmoins, ils n'ignorent pas la marche des années, des
mois, des semaines et des jours. L'année malgache se décompose en douze mois lunairés et est, par conséquent, plus courte de onze jours que la nôtre; elle ne peut s’accorder avec celle des peuples qui font usage du calendrier grégorien. Chaque mois de l’année correspond à la nature des travaux auxquels les indigènes se livrent à chaque lunaison, pour la culture du riz; de plus, la floraison de certaines fleurs, de certains arbres, la ponte de certains oiseaux leur tiennent lieu de points de repère infaillibles.
Comme les anciens Gaulois et Germains, ils comptent par lunes, bien qu'ils aient une vague idée de l’année solaire. [ls distinguent deux saisons: l'été ou hivernage: lohatoana, et la saison sèche : le xiriny. Chaque mois, chaque jour de la semaine, ainsi que chaque phase de la lune porte un nom spécial.
Ils n'ont pas encore adopté le système horaire pour la subdivision diurne ; ils le remplacent par des dénominations imagées, appropriées au changement régulier que les heures montantes ou descendantes apportent dans la croissance ou la décroissance de la lumière et des ténèbres ; ainsi minuit s'appelle matok'alina (la nuit noire), midi : miarina ny mosoandro (Le soleil d'aplomb), 7 heures du soir : maïssinany vodin ahitra (où l’on ne voit presque plus les herbes), etc.
Plus astrologues qu’astronomes, les Malgaches estiment que l’ordre des événements et de la destinée dépend de la succession des jours, et que l’un et l’autre sont intimement et inséparablement liés, en vertu d'une sorte d'harmonie préétablie, par cette raison même que si le soleil est la source des jours, des semaines, des mois et des années, il doit être aussi le régulateur suprême du destin universel.
Après s'être livrés à des études approfondies sur .