CHAPITRE V
Ils sont composés de trois temps : le présent, indiqué par n ; le passé, par n; le futur, par k. Miasa aho, je tra-
QU AU nn ll ie i A Dal k
Indigènes réunis dans un kabar.
vaille; nasa aho, j'ai travaillé; hiasa aho, je travaillerai.
Le substantüf s'obtient en changeant la lettre initiale
m en f, et en ajoutant la terminaison ana : anatra, avis, conseil; manatra, donner avis; fananarana, admonestation. :
L’adjectif se place après le nom qu'il qualifie; le pronom démonstratif se répète avant et après le substantif. Seuls, les pronoms personnels varient, suivant qu'ils sont sujets, compléments singuliers ou pluriels. Les compléments servent à exprimer nos pronoms possessifs mon, ton, son, qui n'existent pas en malgache.
Pour la construction de la phrase, on suit l’ordre naturel des idées : en tête, le sujet suivi de ses délerminatifs, puis le verbe, l’attribut et le régime. La seule inversion qu'on y remarque, parfois, consiste en ce que le sujet vient après le verbe et son complément, au lieu de commander la phrase.
Tels sont les éléments substantiels de la langue malgache. Ils sont également ceux de la langue maorie.
Aussi sonore que l’ancien celtique, plus sonore que l'espagnol moderne, elle se prête admirablement à la poésie et à l'éloquence. Aussi, de tout temps, les orateurs et les poètes ont-ils été nombreux à Madagascar. Les indigènes sont, en effet, de merveilleurs improvisateurs ; les mots coulent de leurs lèvres, sans la moindre hésitation, avec une harmonie qui charme l'oreille. Fiers de leur faconde, ils saisissent toutes les occasions de l'exercer en public, et plus d'un Européen qui les a entendus prendre la parole dans les kabary a été frappé de constater dans leurs discours cet heureux choix d'expressions, cette élévation de pensée, cette grandeur d'images, cette ampleur de périodes, qui caractérisent la haute éloquence. ;
Ce n’est que sous le règne de Radama I°* que la langue malgache devint une langue écrite. Cette innovation est due au sergent francais Bobini, qui introduisit dans