L MADAGASCAR
la physique, la chimie et la médecine n'ont pu que rester stationnaires. Le rôle des médecins se borne donc à administrer à leurs malades des décoctions d'herbes et de racines du pays.
Avant l’apparition des blancs, les Malgaches n'’avaient guère à souffrir que des fièvres malignes qui sévissent surtout sur la côte est. Depuis, avec les vices de leurs visiteurs, ils ont contracté quelques-unes de leurs épidémies. C'est ainsi qu'en 1874 la variole, inconnue jusqu'alors à Madagascar, ravagea Tananarive et sa province et une partie de la côte occidentale. À part les fièvres paludéennes, qui font moins de victimes, aujourd'hui que la science européenne a fourni aux indigènes des remèdes pour les combattre, et qui iront en diminuant d'intensité, par suite des travaux de canalisation entrepris en vue d’assainir le pays, on rencontre fort peu de maladies locales, si ce n'est la lèpre, qui est assez répandue. Pour éviter qu'elle ne s’étende sur la population, on isole les lépreux du reste de la société, en les internant dans un lieu désert.
Les fous sont l’objet d’une grande vénération à Madagascar. La folie y est produite par les insolations et, plus souvent, par l’abus des liqueurs fortes.
Alimentation. — L'alimentation des Malgaches est saine autant que nutritive, aussi abondante que variée. Leurs deux mets nationaux par excellence sont le riz cuit à l’eau, que les femmes préparent en le pilant auparavant dans un mortier en bois, et le roh, ragoût de gibier, de poisson, de bœuf ou de volaille, mélangés ensemble, comme dans une bouille-abaisse. Elle comprend encore la viande de bœuf, de mouton et de teneck (espèce de hérisson), des patates, des fèves, des chrysalides et des bombyx, etc.
Ils ont le porc en aversion, tenant probablement ce