‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 174 sur 194 · EE · texte numérisé non relu

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CHAPITRE VIL 315 nous consommons pour plus de 150 millions de francs par année; la soie, dont, sur 250 millions qu’atteint notre consommation, nous demandons au moins la moitié à l'exportation faite de Chine, par l’Angleterre ; l’indigo, dont nous achetons pour 50 millions sur les marchés étrangers; le riz, que nous tirons des colonies anglaises, pour une somme de 30 millions de francs. Et encore, le riz des Indes est-il bien inférieur au riz de Madagascar, qui comprend douze variétés, parmi lesquelles le riz rouge. Cette importation directe nous coûterait sensiblement moins cher.

Il serait non moins facile de faire venir du bétail de Madagascar, notre port de mer le plus proche n’en étant éloigné que de dix-huit à vingt Jours, par le canal de Suez. Le bœuf ne se vendant là-bas, sur place, que 50 ou 60 francs, c’est un prix qui peut tenter la spéculation, et les consommateurs y trouveraient un avantage par la suite. A défaut du commerce du gros bétail, ou pourrait faire celui du mouton. Un mouton du poids de 50 kilogrammes se vend sur les marchés indigènes à raison de 1 fr. 50 et de 2 francs.

En dehors de ces considérations intéressées, il s’agit de poursuivre un but national patriotique ; il s'agit de résister victorieusement à la concurrence que nous font quelques maisons anglaises et allemandes, nouvellement établies; il s'agit d'imposer, en tout et pour tout, notre suprématie dans cette colonie qui est nôtre, en vertu du sang de nos soldats, versé pour le triomphe de nos droits! Au lieu de nous adresser à des entremetteurs, faisons nos affaires nous-mêmes, sans l'intermédiaire des courtiers étrangers. C'est à ce prix seulement que nous relèverons le commerce français, atteint d'une névrose passagère, mais non chronique!

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