‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 173 sur 194 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tème adopté par les Malgaches, afin d'en extraire une . plus grande quantité, compromet la vitalité de cette plante précieuse qui disparaitra vite, si nous ne leur indiquons promptement les moyens d'y remédier.

Le miel et la cire peuvent entrer en ligne de compte dans celte statistique commerciale, quoiqu'on ne les récolte qu accidentellement, pour ainsi dire: les abeilles vivant à l'état sauvage. dans les forêts,

On exporte aussi l'écaille du Caret, tortue qui se trouve en grande abondance sur la côte ouest, et dont le marché de Majunga est particulièrement approvisionné. Puis, en fait de légumes secs: des pois du Cap, des embrevades, des wembes. Il se fait un très grand commerce avec l'orseille, excellent lichen tinctorial, dont Marseille achète. à elle seule, pour plusieurs centaines de mille francs par an.

Cilons encore : les bois de palissandre, d'ébène, le bois de rose, de teck, etc., etc. Le commerce du bois est libre sur la côte ouest quien produit peu; il ne l’est pas sur la côte est. Sille devenait, dans cette zone, et surtout sur la côte nord-est, il ROUTE s'en faire une très grande exploitation.

Im. orlalion. — Les produits dont nous venons de dresser 1 nomenclalure s'echangent couramment contre la pièce de cinq francs en argent. Les indigènes divisent eux-mêmes cetle monnaie type en fractions, pour les échanges qu ils opèrent entre eux.

Ils recoivent de la percale, de la toile blanche, de l’indienne, de préférence américaines, à cause du bon marché, et aussi des faïences. Pour le rhum, ils s'adressent à Maurice, l'ile de la Réunion ne pouvant céder le sien, qui est de qualité supérieure, au même prix que sa congénère. Quant au sel, dont, en dehors de la nourriture, ils consomment une quantilé con-

sidérable pour la préparation de leurs peaux de bœufs, il provient uniquement des salines de Marseille, d'Hyères et de Port-Bouc.

Ce sont les navires français qui importent en partie les soieries, les articles de Paris, la quincaillerie, la bijouterie, la DIM PRIRIERE les comestibles, les liqueurs.

Les navires américains, eux, ont la pécialite des fusils, de la poudre et du plomb.

Nous possédons, à Madagascar, plusieurs maisons importantes, qui jouent un rôle prépondérant dans son trafic, entre autres celle de MM. Mantes et Borelli de Regis, successeurs de la maison Frayssinet, laquelle opère aussi dans toute l'Afrique centrale; elle fait, à elle seule, pour 20 à 25 p. 100 du commerce de Tamatave ; la maison Macé, qui a plusieurs comptoirs sur la côte sud-ouest, du cap Sainte-Marie à la baie de Mouroundava, et dont le principal est à l’île Nossi-Bé. ‘

Bien que, nous le répétons, on ne puisse apprécier que très approximativemeut le chiffre exact du mouvement commercial de Madagascar, il est, d'après le rapport d'un négociant français fixé à Tamatave, de 60 millions à 70 millions de francs. Quelles brillantes espérances nous permet de concevoir ce chiffre relativement énorme, quand on songe qu'il est le produit d'un négoce opéré dans les conditions les plus primilives, avec un peuple barbare! Bientôt, nous trouverons là un débouché assuré au trop-plein de notre production, et nous en tirerons directement une foule de produits qui sont actuellement dirigés sur les marchés étrangers, où nous sommes obligés de les acheter en seconde main, tels que: le coton, dont on pourrait aisément augmenter la culture et dont

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