‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 2 sur 194 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

s'est opérée subitement dans nos conditions de voyage, sur la grande route des Indes!

Hier, avec de superbes colonies égrenées dans l’Océan, à des milliers de lieues les unes des autres, du Sénégal à la Nouvelle-Calédonie, nous n'avions pas un port de refuge pour abriter nos flottes, en cas de défaite ou d'avaries, pas une station de ravitaillement pour nos transports, en cas d'expédition lointaine.

La guerre du Tonkin nous a prouvé combien il était imprévoyant de s’embarquer pour les antipodes, sans être sûr, tout au moins, de trouver un dépôt de charbon pour renouveler les provisions épuisées de nos cuirassés, un magasin de munitions prêt à expédier rapidement les réserves de son arsenal, un poste de renfort pouvant, à moitié route, fournir, sans perte de temps, des troupes fraiches et déjà faites aux rigueurs de ces climats exotiques.

Aujourd'hui, grâce à la baie de Diégo Suarez, au nord-est de Madagascar, nous tenons cette escale indispensable, qui est, en même temps, une des rades les plus merveilleuses du monde, non seulement par sa Situation exceptionnelle, mais encore par son cadre immense et sa position naturelle à l'abri des coups de vent, si dangereux dans l'océan Indien.

Indépendamment de ces considérations politiques, quel entrepôt et quel déhouché pour notre commerce national!

Voisine des îles Comores, récemment acte sous notre protectorat, des îles Seychelles (possession anglaise) et du groupe des Mascareignes, à proximité de la côte orientale d'Afrique, devenue l’objet des convoitises de toutes les nations européennes, du Zanzibar visé par l'Allemagne, des colonies du Cap et du Transwal; sur la route de la mer Rouge, du golfe

Page 1