‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 4 sur 194 · NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE

Madagascar a, sans doute, été connue, de toute antiquité, par les peuplades du Zanzibar et du Somali. Quand l'influence arabe s’étendit sur la côte orientale de l’Afrique, pénétra-t-elle jusqu à elle? Si ce n’est certain, c’est du moins probable. Ce serait également vers la même époque (vir° siècle) que les Chinois seraient entrés en relations commerciales avec les Madégaches. Aussi, plusieurs géographes, des plus autorisés, se plaisent-ils à retrouver dans la grandeile franco-malgache l’ancienne Cerne de Pline, la Menuthias de Ptolémée, la Phebol, la Taprobane, la Zaled] d'Edrisi, la Saraudile ou la Camboulou de Massoudi. Le premier Européen qui mentionna son existence fut Marco Polo, vers la fin du treizième siècle. Et encore, n'en parle-t-il que d’après des récits arabes, ainsi qu'il résulte d'une de ses relations. Elle ne fut réellement découverte que trois siècles plus tard, en 1506, par des Portugais qu’y jeta la tempête. Suivant la même route que Vasco de Gama qui, en

1497, passa presque en vue de Madagascar, sans l’apercevoir, Fernando Suarez et Tristan d'Acunha, allant, eux aussi, à la conquête des Indes, furent brusquement surpris par une violente tempête qui divisa leurflotte, dont une partie, placée sous le commandement de Fernando Suarez, se réfugia sur la côte orientale de l’île. Quelques mois après, un autre vaisseau de Tristan d’Acunha, sous les ordres de Ruy Pereira, éprouvait le méme sort, mais sur la côte opposée. Enthousiasmé de sa découverte, Ruy Pereira rejoignit aussitôt son commandant, pour l’en informer, et revint avec lui explorer les côtes. Comme ïl arrive souvent, en pareille occasion, la légende mensongère a fait bénéficier le chef de l'œuvre de son subordonné; elle attribue à d’Acunha tout l'honneur de cette découverte. Et, suprême consécration de la gloire, c'est lui seul que le Camoëns célèbre dans sa « Lusiade ».

La même année, Lorenzo Almeïda, premier vice-roi des Indes orientales, débarquait à Madagascar. Voulant y léguer le souvenir durable de son passage, il la baptisait du nom d’ile Saint-Laurent, parce qu'il y abordaiït le jour de la fête de ce saint.

En 1509, Emmanuel de Portugal y envoyait Diégo Lopez de Siquevra, et, en 1510, Juan Serrano.

Vers la fin de juillet 1529, deux navires dieppois, commandés par les frères Parmentier et se rendant à Sumatra, reconnurent l’île de Madagascar et s’en approchèrent. Ils furent assez mal accueillis par les indigènes; après avoir vu massacrer trois de leurs compagnons, ils s'éloignèrent de ces parages inhospitaliers. |

Vers la même époque, les Anglais n y furent pas mieux reçus,

Page 1