CHAPITRE PREMIER
dans laquelle ils étaient tombés, les RR. anglais n’en persistaient pas moins à essayer de soulever contre nous les indigènes. Ils employaient le peu de crédit “qui leur restait à faire subir les plus cruelles vexations à nos fidèles alliés, les Sakalaves et les Antakares.
Vains efforts! [ls avaient affaire à trop forte partie. M. Le Myre de Vilers était là qui veillait. A lui seul, méprisant les menaces et les cajoleries suspectes dont il était tour à tour assailli, il a su tenir tête à toutes les intrigues, déjouer tous les complots.
Indépendamment du payement intégral de l’indemnité de guerre de dix millions, il à obtenu successivement, au bénéfice exclusif de nos nationaux, de riches concessions de terres, de mines, de banques, ainsi que l'abandon des droits de douane dans six ports de l'ile, en garantie de l'emprunt contracté par S. M. Ranavalona IIT avec le Comptoir d'escompte de Paris:
Le gouvernement hova, éclairé par ses sages conseils, montre les dispositions les plus favorables à l'égard des Français qui veulent s'occuper, là-bas, d’agriculture ou d'industrie. De plus, notre établissement militaire de Diégo-Suarez est en pleine prospérité; il s'agrandit et se fortifie de Jour en jour.
À l'heure qu il est, toutes les difficultés sont aplanies. Le calme le plus parfait, l'accord le plus sincère règne dans la capitale de Madagascar, entre le régime du protectorat et le gouvernement de la Reine. Nous sommes entrés dans une période d’apaisement, et tout nous fait présumer qu elle sera définitive.
Enfin, il nous à été permis de saluer ce grand patriote, ce grand colonisateur, qui léguera son nom à la postérité. M. Le Myre de Vilers est revenu parmi nous, avec la satisfaction d’avoir accompli son devoir, d’avoir mené à bonne fin une tâche
ingrate, qui fait le plus grand honneur et à son pays et à lui-même. L'œuvre qu'il à si vaillamment entreprise est terminée, et nous pouvons affirmer hautement que si, aujourd hui, le régime du protectorat fonctionne régulièrement, que si cette institution, réputée boiteuse au début, est désormais reconnue valide et prise au sérieux par ceux-là mêmes qui la critiquaient, que si le drapeau français flotte en maître à Tananarive, c’est à lui, à lui seul que nousle devons!
Cette partie historique serait incomplète, si nous ne la terminions, en rendant aussi hommage à tous ceux qui, ces temps derniers, se sont dévoués, corps et âme, à la cause de Madagascar.
Nous avons dit quel rôle à Joué dans cette question l'honorable M. de Mahy, quel rôle il continue à jouer par son active propagande. Nous n'avons pas besoin d'y revenir.
Commençons donc par M. le baron de Cambourg.
En 1861, à la mort de Ranavalona I°, M. le baron de Cambourg se trouvait à l’île Bourbon, où il concut, avec M. de Ponthrune, le projet de créer à Madagascar une grande société de colonisation. Lesadhésions furent vite nombreuses : le succès était certain, M. le baron de Cambourg partit alors pour Tananarive, afin d’étudier, sur place, les conditions dans lesquelles pouvait être entreprise la colonisation, et de solliciter l'appui du roi Radama I.
Flatté de cette démarche, le roi fit au nouvel explorateur l'accueil le plus cordial; il lui offrit spontanément une vaste concession de terrain à Vohémar, que M. de Cambourg n'eut malheureusement pas le temps d'exploiter, la révolution de palais, dans laquelle périt si tragiquement l'infortuné Radama IT, ayant éclaté quelque temps après.
Après avoir exploré les côtes de Madagascar, M. de Cambourg abandonna cette île, prévoyant les énormes difficultés politiques qui ne tarderaient pas à surgir, et vint se fixer à l’île Mayotte, où il fonda une belle et prospère plantation de cannes à sucre.
Depuis lors, M. le baron de Cambourg n'a cessé de défendre les droits de la France sur Madagascar, tant à la Société des études coloniales et maritimes quil a fondée et dont il est un des vice-présidents, que dans les conférences publiques, dans la presse, dans la ligue de Madagascar, dans toutes les occasions, en un mot, où il lui a été donné de prêter à cette œuvre éminemment française le concours éloquent de sa parole ou de sa plume.
Après M. de Cambourg, citons M. Rigaud, cet actif
ingénieur, auquel nous devons, à Madagascar, la découverte de plusieurs riches mines de cuivre, d’étain et de houille, dont quelques-unes sont déjà. en cours d'exploitation, pour le compte du premier ministre hova. Inutile: d'ajouter, qu'en raison des services rendus, M. Rigaud jouit d'un très grand crédit auprès de Rainilaïiarivony, qui, par ce fait, lui doit la ma- Jeure partie de son immense fortune.
Puis, le docteur Baissade, médecin de la résidence. Par les soins qu'il a prodigués à Mariavelo, fils du premier ministre, il lui a sauvé la vie, quand tout son entourage le jugeait perdu. Au moment Île plus critique, un médecin méthodiste vint offrir ses services au père. Celui-ci les refusa net, déclarant qu'il avait pleine et entière confiance ‘en le docteur Baissade. La guérison complète ne tarda pas à justifier cette confiance. Cette cure merveilleuse n'a pas peu coniribué à gagner à la France de nouvelles sympathies et à resserrer les liens d'amitié qui se sont établis,
sur des bases durables, entre la cour et la résidence. Puis encore, M. Ducray. N'écoutant que son ardent patriotisme, ce journaliste de talent n’a pas craint de