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CHAPITRE IV

hovas qui se trouvent dans le Bouéni, le Ménabé et dans l’'Ambongou. |

En raison de cette haine héréditaire, la plupart des Sakalaves sont nos alliés et se sont volontairement placés sous notre protectorat; nous les avons vus nous fournir le contingent de leurs recrues intrépides, toutes les fois qu'il s’est agi d'entrer en lutte avec leur oppresseur séculaire.

Province de Boueni. — La province de Bouenti occupe, au nord de la côte occidentale, l’espace qui s’étend entre la rivière Sambirano et la baie et la rivière dé Baly. Depuis 1841, elle est sous notre protectorat.

Par sa position, dans la région des baies, c’est la partie du territoire sakalave la plus propre au commerce. C'est pour cette raison que les Hovas, qui se rendent parfaitement compte qu'elle serait leur meilleur débouché, ont essayé de s'en emparer.

Aujourd'hui, elle est peu habitée. Elle ne l’est guère qu'entre la baie de Bombetock et celle de Baly, par les quelques groupes épars de Sakalaves, qui n'ont pas émigré au pays d’'Ankara, à Mayotte et à Nossi-Bé, avec leurs compatriotes fuyant l'invasion hova. La grande baie de Baly est divisée entre plusieurs rois.

À l’intérieur, le pays est plat et peu boisé; on y trouve d'immenses prairies. En approchant de l'Émyrne, il devient désert et montagneux.

Dans la baie de Bombetock, est le port de Majunga, sur lequel nous reviendrons à la fin de ce chapitre, quand nous parlerons des villes principales.

Au nord de Mazangaye, citons la ville de Wourousang, dont la fondation remonte à 1837. Elle est entourée d’une double enceinte de fortifications. L'habitation du gouverneur Couronne la montagne sur les flancs de laquelle s'étage la ville elle-même. Elle se compose

tout au plus de 100 à 110 pauvres cases, et ne possède ni puits ni citernes pour les alimenter.

Au sud : s'élève la ville de Bombétok, dominée par un fort hova, et un peu plus bas, sur la côte ouest de la baie de Baly, le village du même nom. Il y a une trentaine d'années, ce village avait pour chef Saïd- Bouanan, d'origine arabe, ce qui explique pourquoi sa population est mélangée d’Arabes. La reine de Baly, indépendante des Hovas, réside dans l’intérieur des terres.

Province d'Ambongou. — La province d’'Ambongou, toute en plaines, embrasse le pays compris entre la ri- vière Baly et la rivière Ounaira.. Elle est bornée, à l’est, par l’Antsianak, et à l’ouest par l’Antimilonza, qui en fait partie intégrante. |

Son territoire, entrecoupé de bois et de marécages, est assuré, par ce fait, contre les incursions de l'ennemi, qui n’a Jamais pu y séjourner longtemps, à cause de son insalubrité. Néanmoins, les Hovas, bien qu’ils n’y entretiennent aucune garnison, y envoient des troupes qui le parcourent sans cesse.

Province du Menabé. — La province du Menabé commence à Mahétirane et finit au cap Saint-Vincent. Elle comprend la moitié de la surface totale du pays des Sakalaves.

Seule, la partie de cette province située entre la frontière et la rivière Ankola a reconnu la suzeraineté de la reine Ranavalona. Les peuplades qui en habitent l’autre partie, après avoir secoué le joug des Hovas, ont recouvré leur indépendance. Sa population forme un ensemble estimé à 70,000 âmes et est Sakalave, bien que mélangée d’Arabes. Tout le commerce, qui consiste en bois de construction, en peaux, en indigo, en coton, en vers à soie, en cire et en bétail, dont elle fournit les plus beaux spécimens de l’île, est entre les mains des Arabes ;

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