CHAPITRE IV
ne peuvent être dressées qu’
cadastre n'existant pas à Madagascar.
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zones : la zone occidentale, qui en contient cinq, la zone orientale, qui en renferme dix et la zone centrale, qui en compte sept.
Zone occidentale. — Sont comprises dans la zone occidentale, c'est-à-dire dans la partie qui s'étend, au nord, entre la rivière Sambirano, qui a son embouchure dans la baie de Passandava, et la rivière Meharandra, allant du nord au sud : les provinces de Bouéni, d'Ambongou, de Ménabé, de Féérègne et de Mahafaly.
Sakalaves. — La grande tribu des Sakalaves peuple les trois quarts de cette zone. Elle se subdivise en Sakalaves de Bouéni, ou du nord, et en Sakalaves d'Ambongou et de Menabé, ou du sud. On peut considérer le Mangouki, ou rivière Saint-Vincent, comme la limite sud du pays des Sakalaves, quoiqu'on trouve de ces naturels dans le nord de la province de Féérègne. Cette province est également habitée par les Antiféhérenanes, appelés aussi Andraïvoulas. Mais ce nom, dit M. Alfred Grandidier, désigne spécialement les membres de la famille royale de Féérègne.
Les Sakalavas, plus connus sous la dénomination francisée de Sakalaves, tirent leur nom de leur coiffure, qu'ils portent, sauf en temps de deuil, artistement disposée en longues tresses régulières (Saka-lava).
Ils se subdivisent, eux-mêmes, en un grand nombre de tribus, obéissant à de petits rois, les uns indépendants, les autres soumis à la domination des Hovas. Ceux qui sont établis entre la rivière Sambriano et celle de Mangouki, principalement, ont su se soustraire au joug des Hovas.
Chez eux, le type africain est le plus saillant. D'une race magnifique, d'allure libre et dégagée, quoique cruels par circonstance, ils ne sont pas méchants. Ils sont fainéants par nature, au point de dormir tout le
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jour. Cupides à l’excès, amoureux du clinquant, ils recherchent tout ce qui brille, tout ce qui éblouit le regard. Très braves au combat, ils affrontent la mort sans sourciller ; — nous les avons vus à l'œuvre pendant la dernière guerre. Ge mépris absolu du danger a fait d'eux la tribu la plus guerrière de Madagascar. Dès l’âge de douze ans jusqu à sa vieillesse, le Sakalave est armé d'un fusil et de sagaies, avec une épinglette, un sachet de balles et une corne de bœuf remplie de poudre à sa ceinture. Îls étaient, autrefois, la peuplade la plus puissante de l’île. Leur tradition rapporte que le fondateur de leur monarchie, Andrianandazohala — qui brüle les forêts — était un blanc débarqué à Saint-Augustin. Ses qualités remarquables le firent élire roi. Son fils et successeur, Andriamosara, — le mouchoir —estregardé par les Hovas comme le patriarche des Sakalaves. Son petitfils, Andriandahifotsy — l'homme blanc — après plusieurs grandes conquêtes, fonda, dans le nord de Saint- Augustin, le royaume de Ménabé.
Si cette peuplade intelligente et brave eût été régie par une forte organisation politique, elle fût assurément devenue maitresse de l'ile entière. Malheureusement pour elle, les discussions intestines, l'abus des liqueurs fortes, la pernicieuse influence des Arabes, ces colporteurs d'immoralité et de dépravation, ruinèrent l'empire naissant des Sakalaves, et les Hovas profitèrent de ce déplorable concours pour briser, un à un, les faisceaux rompus de leur solidarité et les courber sous leur dépendance, par droit de conquête.
Actuellement encore, si l'entente pouvait les unir, en vue de secouer le joug de cet ennemi commun, par lequel ils jurent quand ils sont au paroxysme de Ia colère, ils formeraient à eux tous, une armée formidable, capable d'anéantir promptement les faibles garnisons