CHAPITRE IV
est limitée au nord par la baie de Saint-Auguslin, et au sud par la rivière Mangouki, ou Saint-Vincent. C’est la dernière de la côte ouest de Madagascar, Elle est habitée par les Wahafales. Les indigènes du littoral, appelés par les Machicores ou Mazikouras (gens de l'inlérieur) les Vèzes (qui nagent) sont de précieux auxiliaires aux caboteurs de ces parages. Ceux-ci les engagent souvent à leur bord. On évalue leur nombre à 30 mille environ. |
La province de Mahafaly est stérile, surtout dans les années de sécheresse. Elle ne produit guère qu'une petite quantité de maïs cafre et un peu de woëmes. Aussi ses habitants sont-ils maigres et chétfs. Ils ne se nourrissent en partie que d'un mauvais gâteau cuit au four, composé de cendre de bois mêlée au tamarin. C'est probablement pour cette raison que le séjour de cette province n'offre pas de sécurité aux Européens, et que nous avons eu à déplorerle meurtre de plusieurs de nos compatriotes, jetés sur ces côtes par la tempête.
Au sud de la province de Mahañfaly se trouve le territoire de Mazikoura. La partie de ce territoire qui s’étend sur le littoral est, elle-même, divisée en deux royaumes : le royaume d’Ampalaze et le royaume d'Itiampoul et de Langrano. :
Zone centrale. Province d'Antscianac. — La province d'Antscrianac (Antsianaka — hommes du lac —), ainsi dénommée à cause du vaste lac Nossivola qu'elle renferme dans son territoire, embrasse l'extrémité la plus septentrionale de l’île ; elle est située au nord de l’Ankôva, et à l’ouest des Betsimsaracs. Elle est riche en troupeaux, et produit le plus beau coton de l'ile. Sa capitale se nomme Ambatondrazaka.
Sa population est assez nombreuse. Comme les Sakalaves, les indigènes, appelés Antankares, ne présentent
pas de type particulier. Issus d’un croisement entre Africains et Malgaches, ils tiennent, à la fois, de ces deux races et forment la population principale de ce territoire, cédé à la France, en 1846. Ils possèdent toutes les qualités nécessaires pour faire un allié intelligent et docile, s'ils étaient instruits et disciplinés.
Province d’Ankaye.— La province d'Ankayelterre brülée) est, comme la précédente, limitrophe de l’'Ankôve, mais du côté de l’est. Elle occupe une partie du plateau inférieur, et est traversée, à l’ouest, par le Mangourou.
Ses naturels, les Antakayes, sont très industrieux. Ce sont eux qui fabriquent les étoffes de soie et de coton les plus estimées. Longtemps, ils ont su résister aux Hovas, auxquels 1ls ressemblent beaucoup physiquement, mais, moins aguerris et d'un tempérament peu belliqueux, ils ont été contraints de se courber sous leur dépendance.
Cette province est encore habitée par des Betanimènes, des Betsimsaraks, et des Bezonzons. Ces derniers, établis dans la fertile vallée qui porte leur nom et est coupée par la route de Manamboune à Tananarive, ont la réputation d’être les plus pacifiques de l’île, bien que, Suivant leurs traditions, leurs ancêtres aient soutenu plusieurs guerres, à une époque reculée de leur histoire. Ils ne travaillent qu à la culture du sol; . exempts du service militaire, ils sont astreints par leurs oppresseurs à une corvée non moins pénible, celle des transports. Véritables bêtes de somme des Hovas, ils font continuellement le trajet de Tamatave à Tananarive, employés à porter hommes et bagages. Néanmoins, ce dur métier ne paraît pas trop leur déplaire; ils le préfèrent à celui des armes.
Province d’Ankôve. — L’'Ankôva — de ang là et Aova: là, les Hovas — est plus connue, surtout dans sa