‹ Madagascar: Essai de géographie physiqueChapitre 3 sur 29 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les matériaux de ce livre ont été amassés en cinq ans et demi de séjour et de voyages à Madagascar, particulièrement dans le Centre et l'Ouest (de juillet 1892 à décembre 1894 — de février 1890 à mars 1899}.

Les souvenirs et les observations personnelles y tiennent donc une place prépondérante. J'ai pourtant cherché à faire un travail d'ensemble et j'ai tAché d'être complet

Une étude sur une colonie conquise d'hier est nécessairement appelée à vieillir vite. Dans les quelques mois qui se sont écoulés entre la rédaction et l'impression, quelques publications d'intérêt scientifique se sont déjà produites qui ont exigé des addenda. L'ouvrage aura atteint son but s'il évite au lecteur des recherches difficiles ; la bibliographie de Madagascar est déjà touffue, et surtout très éparse, à travers d'innombrables revues et ouvrages, dont quelques-uns sont presque introuvables.

Les cartes hypsométriques et géologiques ci-jointes sont originales, mais la topographie en est empruntée aux cartes de l'Etat-major du corps d'occupation; l'Etat-major a publié aussi des cartes hypsométriques détaillées de l'Imerina, qui naturellement ont été mises à contribution.

Sur l'orthographe des noms indigènes, j'ai des explications et peut-être des excuses à présenter aux malgachisants. — J'ai cru devoir, lorsque c'était possible, couper de traits d'union les mots démesurément longs. Il m'a sem-

vin AVANT-PROPOS.

blé par exemple que, au lieu d'Ambaravaramahatako, on pouvait écrire Am-baravara-mahatako ; puisque aussi bien ce nom de village est composé de trois mots malgaches, qui signifient a. la porte de la cachette y). Je sens vivement tout ce que ce procédé a de philologiquement indéfendable. Il est vrai que l'orthographe malgache, née d'hier, est vraisemblablement destinée, dans le nouvel ordre de choses, à recevoir des accrocs plus sérieux.

Je suis plus à mon aise pour défendre, au nom même delà philologie, une autre innovation. Hors de l'Imerina, sur les côtes, l'orthographe consacrée est très souvent défectueuse. Des appellations géographiques, tirées du dialecte sakalave par exemple, sont rendues inexactement et incomplètement avec l'alphabet et les habitudes orthographiques du dialecte merina iyulgo hova). Il me paraît tout à fait absurde d'écrire Bemaraha; la racine est marà, le mot sakalava qui correspond au merina, maranitra . (les pierres pointues); il faudrait écrire Bemaranitra ; ou bien il faut se résoudre à écrire le mot comme il se prononce : Bemarà. Je me suis donc cru autorisé à écrire beaucoup de noms sakalava comme je les ai entendu prononcer ; et j'ai mis un accent sur la syllabe accentuée lorsqu'elle se trouvait la dernière.

11 me reste à remercier la Londonniissionary Society, qui m'a aimablement autorisé à publier un certain nombre de photographies, achetées à son Printing Office. M. le général Galliéni a bien voulu également mettre à ma disposition des clichés déposés à la librairie Hachette ; mais c'est la moindre des obligations que je lui ai.

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