LE CLIMAT
combien les habits noirs, qui absorbent le calorique,
sont à éviter sous le soleil des tropiques.
A cette époque, l'air est chargé d'humidité, à cause des pluies et de l’évaporation de la chaleur contenue dans
le sol.
Vers le milieu ou la fin de novembre commencent les pluies et les orages; cette période s'annonce par une
baisse lente du baromètre au-dessous de sa moyenne.
Les ondes diurnes se manifestent avec régularité et sont beaucoup plus accentuées que dans la saison sèche. Un signe précurseur à peu près infaillible consiste surtout dans les bandes de strato cirrus ou de cirro cumulus qui, dès le matin, flottent dans les hautes couches de l'atmosphère et se déplacent lentement du N.-O. au S.-E. ; l’alizé faiblit, souvent même le calme est complet. Puis vers une heure du soir, il n’est pas rare de voir le baromètre baisser rapidement. L’orage se forme déjà. S'il doit rapidement traverser la région, l'allure de la courbe est brusque, et une hausse rapide succède à la baisse. Si l'orage ou plusieurs orages successifs vont éclater dans la région, la baisse est lente, et la hausse n’ar-
rive que fort tard, vers cinq ou six heures du soir.
Déjà le vent a tourné vers le N.-O et il souffle par légères bouffées. Sur les hauts sommets du massif central de l’Ankaratra, ou vers la région du N.-O., le temps est sombre, l’orage se prépare. Au bout d’une heure environ, le vent du N.-O. ou S.-O. souffle avec violence, la pluie tombe à torrents : on est au fort de la tempête. Malheur à l’imprudent qui se laisse prendre en pleine
forêt par l'orage!
Tous les ans à l’époque des orages, la foudre fait, dans le centre, de nombreuses victimes. M. Laborde avait établi des paratonnerres sur le palais de Manjaka- Miadana et sur sa maison. Les Malgaches, grands imitateurs, se sont empressés de garantir aussi leurs demeures, mais avec quels paratonnerres ! Tel a placé sur son toit une tige de fer aiguisé, sans aucun conducteur ; tel autre a pour conducteur un fil de cuivre roulé en forme de corde, et, par malheur, trop court. Il l’attache à une branche d'arbre ou le laisse courir le long d’une muraille sans aucune communication avec le sol. On devine quels
Lé
accidents sont la suite de pareils procédés. Mais aucun
malheur ne donnera aux Malgaches l’idée de réformer
leur système.
À mesure que la saison pluvieuse approche de son terme, les orages éclatent de plus en plus tard ; la hauteur de la pluie diminue aussi, jusqu’à ce qu’enfin, vers le mois d'avril, les étincelles électriques jaillissent d’une manière continue de nimbus situés dans les couches supérieures de l’atmosphère. De huit heures à dix heures du soir, ce phénomène procure aux spectateurs un feu d'artifice aérien d’une rare beauté. C’est l'indice de la fin de la saison pluvieuse.
Au début et à la fin de cètte saison, la grêle tombe parfois, mais le volume du grêlon est peu considérable, et ne cause pas de grands ravages. Parfois, après leur formation, les grêlons rencontrent une couche d’air chaud; ils fondent rapidement et se résolvent en grosse pluie ; il est très curieux d'entendre alors, sur sa tête, ce crépitement et ce roulement continu propres aux nuages de
grêle.
LE CLIMAT 139 À Après les orages et la grêle, signalons enfin le plus terrible des météores qui traversent de temps à autre l'île de Madagascar, les cyclones. Ils ont lieu d'ordinaire en janvier eten février ; en 1893, à deux mois d'intervalle, deux cyclones pénétrèrent dans l’île. Le premier passa au Sud de la capitale, le second au Nord. Cette dernière tempête occasionna, en vue de l’île Sainte-Marie, la perte du navire de guerre Le Zabourdonnais. Vingt et un de nos marins périrent dans le naufrage.
Aux mois de décembre, janvier et février, à l'époque Au changement de la mousson, ainsi qu'au mois d'avril après la récolte du riz, il y a une recrudescence de fièvres. La cause en est peut-être la décomposition des matières végétales dans les rizières fortement échauffées par le
soleil.