‹ Madagascar et la mission catholiqueChapitre 45 sur 82 · RAPHAËL · texte numérisé non relu

RAPHAËL

Le 24 octobre 1800, un missionnaire visitait, à cheval, un de ses nombreux postes. Il s'était égaré, et, au lieu de revenir Sur ses pas pour retrouver sa route, il aima mieux se lancer, au hasard, dans une immense plaine.

Fout à coup son cheval se cabre à la vue d’une touffe d'herbes violemment agitée, Le Père descend de cheval, écarte du pied les herbes, et aperçoit un pauvre enfant de dix à onze ans, couvert de lèpre et mourant de faim. « Qui es-tu, demande le missionnaire ému; que fais-tu Là ? » — « Je suis esclave, répond l'enfant; mon maître m'a chassé parce que je suis malade et ne puis plus rien faire. Je n'ai rien mangé depuis hier ; je meurs de faim ; un peu de riz ou de manioc, je vous en prie ! » — « Es-tu baptisé, mon enfant? » — « Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. »

Il fallait assister l'âme et le corps de cet enfant, et bien promptement. Le missionnaire enseigne ce qu'il peut au petit mourant ; il le prépare sommairement au baptême. Le nom à lui donner fut bientôt trouvé : « C’est aujour-

d’hui, se dit le Père, la fête de Saint Raphaël, et c’est lui,

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