‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 16 sur 105 · JUadagoÊcar et 9e* Habitanti, p · texte numérisé non relu

JUadagoÊcar et 9e* Habitanti, p

avoir trois ou quatre enfants et plus, que cela ne les empêchera nnllenienl de trouver un mari; au contraire, car on est certain alors de leur ft'^condité. Ainsi toute pudeur, tout sentiment d'honnAteté a disp uu chez la femme, ai)soliiiiieiJt romme chez l'houmie, d le mot par lequel M. I^e Myre de Vilers ronintenre sa rmle sur ia législation du mariage malgache, est littéralement vrai: « Le Malgache n'a pas de mueurs. .. Ou peut dire qu'à ittadagascar la vierge n'existe . {MIS et la chasteté y est obose mconnue... »

Le Rév. Sibree, en termes voilés, avait déjà dit à peu près la même chose : t Nous ne pouvons douter, écrit-il, que l'immoralité ne domine en secret dans one grande étendue. Sauf quelques exceptions, il y a, même parmi les ehrétiens (protestants) une idée très imparfaite du désordre du péché et de la beauté morale de la pureté* Une femme peut s'égarer, et même mener une vie immorale, qui devrait l'éloigner de toute société honorable, d'après nos idées anglaises, et cependant elle sera reçue par les plus grandes familles à Madagascar. Les parents sont souvent très négligents dans la surveillance de leurs enfants, et beaucoup d'entre eux sont peu troublés, lorsque ces enfants mènent une vie qui ferait mourir de chagrin des parents chrétiens d'Angleterre. »

Ce n'est pas assez dire, ces pauvres malheureux, eucure tout jeunes, commettent le mal sous les yeux de leurs propres parents qui, au lieu de les en empêcher, ne font qu'en rire, ou même les y encouragent ou le leur apprennent^.

Les fêtes du Bain de la Reine, en particulier, sont de vraies bacchanales, où les enfants ne devraient jamais assister.

Et cependant les Malgaches n'aiment pas qu'on leur parle de ces choses. Evidemment leurs conversations sont très libres. « Ils se plaisent k railler, à gausser, à faire mille bouffonneries* >» mais ils ne supportent pas qu'on parle d'eux-mêmes, on qu'on fasse allusion à leurs propres fautes, à leurs faiblesses ou à leurs liaisons. Ils commettent le mat très librement, mais il faut paraître l'ignorer, en fussiez-vous le complice.

Un tel dévergondage a naturellement porté ses fruits. Il a d'abord vicié le sang. La syphilis ne laisse iol;i( t i rcsque personne. Elle atteint, m*a-t-on assuré, 80 "/o de la p ipul ihon, et il est navrant de voir de pauvres petits êtres qui eu nais.st iil littéralement couverts. Sans doute, tHe est moins grave que chez nous, et on est plus facilement soulagé. Mais parfois on en meurt;

Page 1