QUALITÉS £T DÉFAUTS DU HOTA
ses lois, qui veut, par exemple, profiter du divorce, doit cesser de pratiquer «^a reIi£2^ion.
Ainsi, 011 quittant rimenna, je me rappelle avoir rencontré à Moramanga un charmant jeune homme, plein de zèle et tout dévoué à sa foi, mais qui ne pouvait pratiquer, parce qu'il s'était remarié contrairement aux prescriptions de l'Église. Et ils sont nombreux ceux qui sont dans le même casl Nais malgré tout, cette inflexibilité, si digne et si grande, commence à porter ses fruits. La moralité des catholiques se relève et tranche notablement sur celle des autres confessions religieuses.
Ainsi donc, en résumé, extrême facilité de divorce et, souvent, polygamie de fait, telle est la physionomie du mariage en Imerina. Mais ce quMI y a de plus triste, c^est que cela n'empêche nullement et ne diminue en rien Tinconduite et la corruption privée.
Je ne puis entrer ici dans de grands détails; mais je serais trop incomplet si je passais entièrement un tel sujet sons silence.
Et, d'abord, il n'y a pas de fidélité dans le mariage, ni du cuté du mari ni du côté de la femme. Bien plus, ce sentiment humain de la jalousie, que l'on retrouve presque partout, dans le cœur des barbares comme dans celui des hommes les plus civilisés, existe à peine ou n'existe pas du tout à Madagascar ^
La loi ne nomme m(>me pas l'adultère; seul le concubinage avec une femme mariée est puni de 300 francs d'amende (art. 58 de la loi de 1881). Mais même cette loi n'est pas observée. Quand j^étais à Tananarive, le chef de Tune des six castes de la noblesse fut accusé d'avoir pour concubine la femme d'an Hova, qui se rendait ouvertement chez lui. Il nia, mais sst complice, plus osée que lui, en plein jour, devant tout le peuple avide de pareils spectacles, reconnut tout et ajouta en regardant bien ses juges en face : € Mais vous en faites tous autant! » L'affaire s'arrangea.
Non seulement il est reçu qu'on vive ensemble avant de se marier, mais c'est un usage absolument universel. Ainsi, en 1892. le chef de la « Réunion catholique » de l'église cathédrale de Tananarive, ayant mis comme condition au mariage de sa tille avec le (ils d'un des ministres que les enfants seraient élevés dans la religion de leur mère, et surtout que celle-ci serait respectée jusqu'après le mariage, les pourparlers furent rompus.
c Les filles non mariées ont toute liberté, dit M. Grandidier^, et elles en profitent au delà de toute expression, i Elles peuvent