‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 4 sur 105 · Vers la fin il c la première moi lie du xvii' sièc · texte numérisé non relu

Vers la fin il c la première moi lie du xvii' sièc

2. Le mot Vohilsangombe ne se l elrouverail-ii pas dans celui de Vonizongobe» monlagne des Vonizongo, province du nord^ouesl de rimerina?

MADAGASCAR ET LES H9TA

Cela est en partie clinn^é. Aprôs plus; rie deux siècles tic iznorre, les Hova, alors une peuplade inconnin' qu'il ihî ni»muie mènic pas, se sont emparés de tout l'intérieur de Tîle et y ont (Habli. en même temps, TuDilé politique et une certaine unité d'administration. Mais on voit encore, de ces temps de désordre et de pillage, de nombreuses traces, par exemple, dans les fossés profonds qui défendaient jadis et entourent encore aujourd'hui les villages anciens, ou bien dans l'absence absolue de toute forêt que Ton brûlait impitoyablement afin d'éviter les surprises de l'ennemi.

Le pays des Vohitsang<jmbe serait donc devenu Tlmerina d'aujourd'hui, un peu agrandie toutefois, car les Hova n*ont cessé d'avancer, tandis que leurs voisins, les Antsihanaka au nord et les Betsileo au sud, devaient continuellement reculer devant ceux qui furent leurs ennemis d'abord, pour devenir bientôt leurs conquérants et leurs maîtres.

A l'pst srulemenl, la mèine chaîne de montagnes appelée Ambohilsinieiiii)e jKir l^'lacunrt et connue inaintenaut sous le nom d Ankay, forme, aujourd'hui comme alors, la limite naturelle de cette contrée.

Limites. — L'Imérina s'étend donc depuis les monts Ankay, à l'est, c'est-à-dire, depuis le 45» 35' de longitude orif^ntnle, jusqu'au delà du lac Itasy, vers le 44<* âO' ; et, en latitude, depuis le pays des Antsihanaka (Ambaravarambato), un peu au sud du 18* degré, jusqu'au delà de Betafo et d'Antsirabe, au nord du 20* degré de latitude sud.

Etendue. — Évidemment ces limites ne sont ni bien déterminées, ni bien certaines, il n'y en a aucune de cette sorte à Madagascar, mais elles ne doivent pas s'éloigner beaucoup de la vérité; et l'ïmerina aurait alors un ]ieu moins de :200 kilomèlres de longueur sur loO kilunirtres de large, c'est-à-dire aux environs de 30,U(M) kilomètres carrés, à peu près l éicuduc de six départements français.

Aspect. — (l'est une région montauni'use, runnne tnul le centrf' de la grande ile, composée en grande partie de plateaux dénudés et de vallées parfois étroites et profondes, d'autres fois s*clargissant, surtout le long des tleuves, en plaines maréca* geuses.

Orographie. — L'altitude de i'imerina dépasse généralement i,âOO mètres. Elle s'appuie à Test sur la seconde arête faUière, la chaîne de T Ankay, et s*cpanouit au sud en un immense massif très élevé, très accidenté, très riche en mines, le massif de l'Ankaratra.

, i, l'imbrika il

C'est là que se trouve le sommet le plus clev»' de Fîle entière, le Tsiafajavoua qui a près de 2,700 mètres d'élévation^.

Hydrographie. L'tle est admirablement arrosée, traversée qu'elle est par une multitude de cours d*eau et parsemée d'un très .grand nombre de lacs, dont quelques-uns sont fort remarquable!, par exemple le splendide lac Itasy. En fait, chaque vallée a son ruisseau qui alimente d'innombrables rizières; chaque plaine, sa rivière ou son fleuve, et le système hydrographique de Madagascar est peut-être le plus riche et le plus complet qui existe.

De ses fleuves, je n'en citerai que trois : le Helsiboka oi son aniuciit rikopa, qui baignent luute la partie septent?'innalo de rimerinfi. et vont ensuite, après s'ôtre réunis en deliui> «le ses limit^'s, se j^ter ensemble dans le canal de Mozambique, à 31ojanga, et eoûn, vers le sud, un tributaire du Tsiribihina, le Kitsamby, à qui se joignent une multitude de cours d'eau secondaires.

Ce dernier est accessible en canot jusqu'à âO ou 25 lieues de l'Imerina, où son cours est interrompu par des rapides, mais il est peu connu. Il n'en est pas de même de l'ikopa, le Oeuve de Tananarive et de Hojanga, qui traverse la concession française des mines d'or de M. Suberbie, et sera le chemin de la future expédition française contre Madagascar, Révélée par le Père de La Yaissière, en 4884, parcourue depuis par bien des voyageurs, notamment par M. le Myre de Vilers quand il quitta Madagascar, en 1888, et le vicomte d'Anthouard, cette route était soigneusement relevée, vers la lin de 1893. par le lieutenant-colonel de génie, le distingué M. de lieylié, en vue d'une expédition devenue dès lors inévitable.

CONDITIONS CUMATÉRIQUES

Le climat de l'Imerina est meilleur et plus agréable que celui du reste de l'île. 11 y fait moins chaud que sur les côtes et il y pleut moins souvent que sur le versant oriental.

La température mini ma, à l'observatoire de Tananarive, a été

1. Le» ailliez sommets reinarquitiles sont le Vodivalo. nord tinrd -est (1,594»), rAinbaluinala ^l,87i»), 1 Angavokcly tl,S10n>).(Cf. Cosmos, 4 août isyi, page 14.)

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de 6» 5 le 7 septembre 1892, et de o** 7 1p H août 181)1 ; que le niaximiim était de 30"8 1p 17 iioveinb;-(> 1891, et de :!8' :2 le 30 novembre 1892, donnant aussi une oscillation Ihermoiuétrique de 23^ 5 en 1891, et de âl*» 7 ea 1892.

La température moyenne, calculée sur les dix-sept dernières années, serait de 18 degrés.

D'un autre côté» les oscillations barométriques sont très légères, de quelques millimètres seulement. Ainsi, en 1891, elles ont été de H»»87.

Il ne pleut que pendant la saison chaude, de novembre & mars ou avril. Mais alors ce sont de véritables trombes, ordinairement sous forme d'orages, qui se dissipent rapidement pour se reformer quelques heures après. Le tonnerre retentit épouvantable, répercuté dans les montagnes, la foudre relaie en maints endroits et !*eau, parfois mêlée de grêle, tombe par loirents, surtout en lévrier où elle dure parfois plusieurs jours sans discontinuer. Alors toutes les rivières débordent et toutes les plaines deviennent de grands lacs.

La quantité moyenne d eau calculée d'après quatre pluviomètres, situés à peu près aux quatre points cardinaux de Tananarive, était de 1,140"»™ en 1891, et le pluviomètre est donnait, le 7 mars,94'""70. £n 1892, la moyenne n'était que de 992""*, mais le pluviomètre est accusait pour le 2 février lOî^^'^SO.

Enfin le nombre de jours pluvieux a été de 90 en 1891, et de 91 en 1892, c'est-^-dire l'espace de trois mois; la vitesse maxima du vent a dépassé 46 kilomètres à Theure en 1891, et presque atteint G3 kilomètres en 1892.

Ën dehors de ces temps de pluie, même pendant l'hiver, le ciel est magnifique, laissant bien loin derrière lui t le ciel bleu de la Provence », et riioiizon s'étend à perte de vue azuré, et magnifiquement éclairé par un soleil qui <lore et cuii)ellil toutes *-hoses, mêuie dps landes nues ou des ruines abandonnées. Parfois, on resterait assis des hfures, simpleni.'nt à re,2:anler devant sui.

Mais ce beau soleil est très porlidc aussi, vous tondjant ])endant deux ou trois mois perpendiculairoinent sur la téte, et nialbenr à l'Européen qui s'y exposerait sans être suffisamment protégé : il pourrait lui en coûter la vie. De plus, il est bien difficile de pouvoir travailler dehors depuis 10 ou 11 heures du matin jusqu'à 2 ou 3 heures du soir, tellement ardents sous ses rayons réfléchis par un sol brûlé, et je me souviens de telle promenade d'une heure ou deux où, malgré un épais parasol, j'étais littoralement épuisé,

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incapable de faire 50 mètres snns en retomber <le fatigue. Et tout Datureliement Tair ambiant est alors très sec, l'hygromètre de l'observatoire pouvant descendre jusqu'à 14 degrés (le :23 août 1892), *

Les nuits sont peut-être encore plus belles que leA jours, pures et ^ limpides, avec des mjlliers d'étoiles brillantes comme des flambeaux, et une lune radieuse qui répand, elle aussi, des flots de lumière.

Il semble qu'un tel pays, avec un climat aussi constant, sans gelée et sans grandes chaleurs, devrait être très agréable à habiter, en même temps que très sain. Et de fait, dans Flmerina, il n'y a

pas, ou il n'y a que très peu, de ces innombrables maladies qui menaront a tout iu^laril notre vie ou la rendent parfois >i pf-nible, dans nos pays d'Euro]ie : rhumes, rliamatismes, Huxionsdr poitrine, bronchites, quesais-je encore ? La lèjire et la petite vérole y régnent, il est vrai, à l'état en(lt'nii<pie ; mais la première n'alleint qu un petit nombre de personnes dans des situations bien déterminées, et il suffirait de quelques soins pour faire disparaître ou rendre inoifensive la seconde. Quant à la phthisie, qui y a pénétré depuis quelque temps, elle est enoore loin d'y faire les mêmes ravages qqe chez nous.

Mais il y a, surtout pour les étrangers, Tanémie, produit naturel de ce climat énervant des tropiques, et je ne sais quelle usure qui vous enlève une partie de vos forces, diminue votre énergie, va parfois Jusqu'à engourdir vos facultés. Avant tout, il y a, pour les indigènes aussi bien que pour les étrangers, la fièvre, cette terrjble fièvre paludéenne, le général tazo de Radama I»», sur lequel il comptait avant tout, avec la forêt, pour défendre son pays contre les Earo|)éens.

Ce serait une erreur, en efTet, de croire (jue la fièvre ne rèi^ne que sur les côtes. Elle y sévit plus qu'ailleurs, et surtout elle y est plus dangereuse, y devenant plus facilement pernicieuse, tandis que rela n'arrive que très rarement sur les hauts plateaux de l'intérieur; mais elle existe partout, et, en particulier, elle existe très bien dans les campagnes de Tlmerina, surtout sur le bord des fleuves et dans le voisinage des grandes rizières. 11 y en a moins toutefois, à la capitale que dans les campagnes environnantes, moins encore dans le sud, en particulier vers Ambositra, beaucoup plus vers Touest. Elle commence avec la saison des pluies et dure un peu plus longtemps, s'étendant depuis décembre ou janvier jusqu'en mai. C'est même au commencement de la saison sèche, c'est-à-dire vers le mois d'avril et le commencement du mois de mai.

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qu'ellr» si'vit le plus duicnienL VA il y a tel village de roiiesl, Aml)ohib('l(tma r exemple, (lù j'Iuibilais rîinrs. où presque tout le monde y passe. Les miasmes délétères qui engendrent la fièvre paludéenne, ou malaria, sont en partie neutralisés vers la lin des pluies par répaisse couche d'eau qui couvre alors toutes les parties ioférienres du sol : plaines inondées, rizières, lacs temporaires, etc. Mats ces amas d'eau, disparaissant avec la cessation de la pluie et les rizières étant en même temps moissonnées et desséchées, les boues et les vases mises alors à découvert deviennent, avec les vapeurs délétères qui 8*en élèvent, de féconds générateurs de la malaria. ËnÛn, tout changement de climat amène ordinairement la fièvre, et ils sont bien rares les Européens, ou même les Malgaches, venant de la côte, qui nQ doivent pas payer ainsi leur tribu d'acclimatation.

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