RICHESSES NATURELLES ET PRODUCTIONS
Conditions géologiques. — Le terrain de Tlmerina, comme h peu près celui de toute Tile, appartient au terrain primaire. L'ossature en est de granit, avec des bancs de quartz, et le sol est de l'argile rouge mélangée parfois de micaschiste et de gneiss et recouverte çà et I& dans les bas-fonds de légères couches d'humus. 11 y a eu, principalement au sud et au sud-ouest, des volcans qui ont laissé de belles coulées de basaltes, ainsi le lac Itasy n'est qu'un ancien cratère aujourd'hui rempli d'eau.
Mines. — Évidemment un terrain de cette sorte doit avoir heaueoup de mines. Il y en a en elTet de l'ort riches, surtout vers le ^iMiid massif (te l'Ankai ati a : du fer en quantité sous la forme de parliriilcs d'oxyde de fer. et de très riches minerais que les indigènes exploitent en les bi Alnnt. dans des trous crenst's en terre, avec du l'harlMin de bois; du cuivre en ahondane<\ liés facile A oxtraire; du plomb argentifère, et surtout de l'or, soit dans les sal)les. soit tlans ie quartz. On ne l'exploite pas encore, au moins ouvertement, car cela est interdit SOUS peine des fers à perpétuité; mais on en fait néanmoins, par contrebande, un commerce fort considérable.
£nlin au sud-ouest de l'Ankaratra, il y a de belles sources d'eaux thermales, en particulier les eaux sulfureuses déjà célèbres
l'imerina 15
d'Ântsirabe. II y en a d'autres^ dans les montages du nord, mais qui ne sont pas encore bien connues. >
lilmerina n'est cependant pas aussi riche que les versants plus éloignés de Touest. En particulier, ^il n'y a pas, que je sache, de mines de charbon, mais seulement de la tourbe.
Productions du soL — It s'en faut pourtant que les mines soient les principales richesses de l'imerina, car si t le pays des Vohi!* sangoiiihe est riclie en mines «le fer el d'acier, comme dit Flacourt, il est très riche en riz, qu'ils cultivent comme le .blé en France, * riche en bestiaux et en piVlu rages. »
Il y a plu?, ces richesses minières sont encore incomplètement connues et presque enlièrenienl inexploitées. Vn peu di- Ter pour les besoins ordinaires, du plomb et de la poudre d'or en contrebande, c'est tout. Il faudrait, pour les mettre en œuvre, l'initiative, les capitaux et les procédés européens, à qui le pays est complètement fermé jusqu'ici. Les vraies richesses des indigènes sont donc les fruits de la terre et les bestiaux.
Non pas toutefois que l'imerina soit aussi fertile que d'autres parties de Madagascar, mais c'est de beaucoup la mieux cultivée. Il n'y a pas une seule route, pas même dans la capitale. Autrefois, on fit quelques chemins : ils sont aujourd'hui complètement détériorés, car depuis longtemps on ne les répare plus, et les sentiers actuels , ressemblent k ceux des autres parties de Madagascar, Mais les digues de riknpa, construites par les mis de la tin du siècle dernier, sont l euuirquables. et il suffirait de très })eu d'eidrelien pour les conserver, il y a partout do belles rizières qui s'éehelunnent en gradins dans toutes les valh'-os, ot parfois l'eau v est nmenée d'assez loin et fort habilement. Eniin les environs de la capitale montrent en beaucoup d'endroits de beaux charaps de manioc et parfois de fertiles jardins.
Au reste, les productions sont à peu près les mêmes que dans les autres parties de l'ile. Les principales sont les suivantes : le riz d'abord et en plus grande quantité que partout ailleurs. Mais on ne le sème plus, suivant l'expression de Flacourt, < comme le blé en France >, et les nouveaux habitants ont introduit une nouvelle culture plus pénible, mais plus productive, On défonce profondément le sol, on le fume, on brise et écrase les mottes avec un très grand soin, — ce que l'on faisait autrefois en les faisant piétiner par les boeufs, — puis on y plante, brin par brin, le riz que l'on a fait lever ailleurs en f)épinières. et on le maintient dans l'eau jusqifapjès la moisson. Quand il est mùr, un le coupe, on le fait sécher et on le bat, en le frappant contre une pierre.
MADAGASCAR ET LBS HOVA
Puis il y a le manioc et les patates, la canne à sacre, les bananes, les pêches» les mangues et quelques autres fruits.
Nos pommes de terre s'y sont si bien acclimatées qu'elles poussent à rétat sauvage dans l'Ankaratra et envahissent le pays. On a semé du blé» il viendrait, mais les essais ont été insuffisants et surtout n'ont pas été continués, parce que le grain s'ab.Uardissail. On ên sème encore un peu dans le nord-nord-est de l aii inarive; les india^ènes VappeWeni fa farina ou bien vary bahaza, riz des blancs. Le ai.iïs réussit admiiableinent. Knlin. autour do Tananarive, on cultive à peu près tous nos légumes et iLs donnent de fort bons r'''sultats, comme aussi le plus grand nombre de nos arbres fruitiers, pommes, pôclies, ete.
Les essais |)our le raisin ne sont pas concluants et ont été peu nombreux. Aux. environs de Tananarive, dans la campagne de la Mission catholique, les ceps français ont été attaqués par Toîdium; ailleurs, ils semblent réussir, et les ceps américains prospèrent partout, non greffés. Ënfin il y a dans le pays une vigne indigène, probablement importée par les Portugais, qui donne de bons fruits.
Mentionnons pour flnir le café, qui produit abondamment quand . il est planté aux endroits fertiles et abrités. Ainsi, il y a prês de réglise catholique de Mahamasina, au pied de Tananarive, une double rangée des meilleurs caféiers de Bourbon qui, sans soin et sans culture, succombent littéralement chaque année sous leurs fruits. Le coton semblerait fait aussi pour couvrir les landes de co pays montagneux et des essais tentés à l'ouest avaient pleinement réussi. Malheureusement l'état politique (Ui pays ne pt'rmetni innovation, ni snceès. Kniin. et je terminerai par là ce coup d'oeil très incomplet sur les pro<iuetions de l'Imerina, le mûrier y vient admirablement et noire ver à soie y prospère parfaitement; de plus un autre arbuste très vivace, l'embrévatier nourrit un bombycien indigène dont la soie, moins brillante que la nôtre, est incomparablement plus solide et plus durable. C'est avec elle que Ton fait en particulier les lamba dont en enveloppe les morts.
Animaux. — Les bestiaux sont aussi les mêmes dans l'Imerina que dans les autres parties de Madagascar ; le même zébus ou bœuf à bosse; le même mouton petit, sans laine, à longue queue traînante, que termine une énorme boule dégraisse; les mêmes volailles et k peu près aux mêmes prix très bas : 0 fr. 20 ou 0 fr. 25 f)our un poulet; Ofr. 25 ou 0 fr. 30 un canard : 1 fr. ou I fr. 25 une dinde ou une oie; 0 fr. 20 le kilo de viande, 0 fr. 40 a 0 fr. 60 un excellent filet. La loi interdit de tuer jamais un seul veau. Ce pouvait être
l'imerika
sage au commencement pour faciliter la multiplication des troupeaux; cela n'a plus de sens aujourd'hui, mais on l'observe lonjours. Enfin on ne peut obtenir de lait que là où les Européens sont établis depuis quelque temps. Les porcs sont très nombreux, quoiqu'il soit interdit d'en élever dans un rayon déterminé autour de la capi* taie. Enfin, il y a beaucoup de poissons dans les rivières et les étangs, mais petits et mauvais; beaucoup de gibier d*eau, quelques perdreaux et beaucoup de cailles par endroits. Il n'y a pas d'animaux malfaisants, ni bètes féroces, ni serpents réellement dangereux. Seul le caVman, qui abonde dans ses fleuves comme dans tous les fleuves de la ^laiide île, fait exception.
cil AP HUE II
LES HABITANTS D£ L'IMËRINA, LËURS MAISONS