M. Watler, ancien consul des États-Unis à Tamatave
MADAGASCAR UT LiiS HO VA
est nul, si même il n'est pas iH.iuvais. L'instrument était trop perfectionné pour un peuple enlant, il ne s'en est pas servi, ou, pour parler à mon tour le langage biblique, l'habit n'allait pas àsa taille et gênait ses mouvements, il l'a rejeté.
C'est surtout Parrett qui a été Tinstigateur de toutes ces réformes que Ton a multipliées sur le papier, surtout depuis 1879 et 1881. D'abord missionnaire, puis imprimeur, puis voyageur au e<»npte du gouvernement malgache, et inspirateur à Paris de M. de Freycinet pour le traité de 1883^ toujours aventurier sans scrupule, Parrett est aujourd'hui l'Ame damnée et le conseiller intime du premier ministre. C'est lui qui surveille ses constructions, administre ses propriétés, fait ses achats d'armes; c'est lui qui le maintient dans la funeste voie où il s'est engagée, lui qui le perdra; et en même temps il s'occupe de photographie, la seule chose qu'il fasse bien. Pour tout cela il reçoit 11,000 francs par an. Il s'est fait du reste naturaliser Malgache et ses tilles sont dames d'honneur à la rour. Il y a plus, il est réellement devenu Malgache, et en a pris le caractère, les sentiments, la servilité. Le premier ministre ne l'aime pas. Parfois même il prend plaisir à Thumilier. Il n'y a pas longtemps, un mur d'une des maisons de campagne de la Reine, b&ti par Parrett, s'écroula. Parrett dut se mettre à genoux devant toute la cour, subir dans cette posture les reproches sanglants de Raihilaiarlvony et demander publiquement pardon. Quant à ses filles, elles ont à ce point perdu le sentiment de toute convenance, qu'elles s'empresseront de présenter le crachoir à la Reine, ou même, m'a-l-on affirmé, d'ouvrir et d'étendre la main pour recevoir ses crachats. Parrett est le contraire du premier ministre, il est intelligent, mais n'a pas de caractère.