MINISTRES
Dès 1881, des ministères ont été créés à Tananarive« 11 y en a huit et leurs attributions sont nettement déterminées.
lo De VinUrieury pour la police, l'état civil, les forêts, les routes, la perception des impôts, la vérification des poids et mesure, l'enregistrement.
2' Des affaires étrançières, pour les relations avec les étrangers et les allaires entre Malgacheb et ( Liangers.
DR l'ADMINBTBATION
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3 " De la guerre^ pour la levée des recrues, leur formation, l'orgaulsation de l'armée, les promotioos, les récompenses, les manœuvres, la convocation des troupes en cas de guerre.
A" De lajmttce^ pour l'étude du droit et Texpédition rapide des procès.
5<» De la législation^ pour la confection et ia promulgation des lois.
6<> Du commerce, de l^agriculture et de l'industrie^ pour le défrichement des terres, l'élève du bétail; pour récompenser les inventions et favoriser le commerce k l'inLérieur et avec les étrangers.
7® Du trésor, pour recevoir, garder et verser l'argent destiné aux services publics.
S'' De l'instruction, pour organiser, développer et inspecter les écoles et pour délivrer les diplômes.
9*> Des travaux publies enfin, ponr rorganisation et l'usage de la corvée.
Qui ne serait émerveillé à cette énumération? La conservation des routes, le reboisement des forêts, l'étude du droit, les inventions, etc., etc. Vraiment ce peuple est très avancé!
Le malheur, c'est que de tous ces ministères, un seul travaille, j'allais dire un seul existe, celui de l'instruction publique. 11 a deux titulaires : un protestant ou Anglais, et un catholique ou Français, ('.elai-ci, Radoara, est un ivrogne et c'est son collègue Rakoto qui fait lont. îl délivre les diplùmcs aux maîtres d'école, visite ou fait visiter CCS écoles, préside aux diverses solemnités où il aime à prêcher la lidélité à la Reine, tranche les dilTérends qui peuvent s'élever, etc. ; surtout, jusqu'à ces derniers temps, il a géné et paralysé les écoles françaises au proÛt des écoles rivales. II faut toutefois reconnaître que, depuis deux ou trois ans, il s'efforce d'être moins partial. .
Le premier ministre aurait voulu donner également une apparence d'existence au ministère des affaires étrangères. C'eût été, en effet, un habile moyen d'éluder l'article 2 du traité de 1885, qui
veut que les relations extérieures de Madagascar passent par le gouvernement fraisais. Mais M. Ia: Myre de Vilers refusa d'entrer en relation avec lui; puis TAngleterre, qui l'avait admis pendant quatre ans, cessa aussi de le reconnaître après la convention de 1890. Kt ainsi il a cessé d'exister.
Tous les autres ministres ne sont absolument rien, pas même des aides ou secrétaires, au sens le plus restreint du mot. Ils n'ont pas
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ce que nous appellerions voix conf?iiltative, ni m(^me cette influnnce que donnent le travail et la connaissance particulière d'une branche d'administration. Us n'ont même ni local particulier, ni bureau, ni employés d'aucune sorte. Au fond, ce n'est là qu'un titre, qu'une situation honorable, dont ils tirent tout le parti possible pour leur fortune et la prospérité de leur famille» et nullement une chaj^ ou un emploi.