LES SECRÉTAIRES
Si le Cabinet et les ministres n'ont ni aiiloriic, ni iiilluence, il n'en est pas de même des trois secrétaires de Rainilaiarivony : Rasanjy, Marc Habibisoa et Rasoarainiarisoa. Ils servent d'interprètes : Marc, pour le français, et les deux autres pour l'anglais. Ils trayaillent continuellement, surtout Marc et Rasanjy» avec leur maître, et sont au courant de tous les secrets et de toutes les affaires. C'est par leur intermédiaire aussi qu'il faut inévitablement passer pour arriver auprès du premier ministre, et c'est là pour eux la source d'une très grande fortune, car il faut aupara* vant les combler de « cadeaux ».
Rasoarainiarisoa est un élève des Indépendants. Il est tout dévoué à ses anciens maîtres. Il a trente-deux ans, mais son rôle est encore secondaire et son induence peu considérable.
Marc Rabibisoa doit toute sa fortune aux Itères Jésuites qui le ramassèrent dans le ruisseau, rélevèrent et en firent ce qu'il est devenu. Il ne s'est pas montré entièrement ingrat. Un de ses fils a été élevé au collège de Montpellier, qu*il vient à peine de quitter* Lui-même est bon mari, bon père de famille, et il est resté fidèle à sa foi. Il a aujourd'hui trente-cinq ans. C'est un homme à la tenue toujours correcte et de figure très douce. C'est lui qui, encore enfant» transcrivit le traité conclu, en 1868, entre Rasoherina et la France, et son écriture fut si belle que la Reine en fut frappée et l'autorisa en récompense à joindre à son nom de Rabiby — bète — le suflixe Soa, bon. En 188;^, il accunipai^na Tauibassade mals^aclie à Paris et dans les autres capitales de l'Eui ope, et il assista plus tard aux négociations pour le traité de 1885. Il s'occupe aujonrd'luii tout spécialement des affaires qui regardent la France, et cette situation lui a donné une grande importance. Âussi est-il déjà 13^ honneur. Dans le principe» il manifesta des sympathies pour notre pciys,. peut-être les conserve- t-il encore; mais, craignant de se compromettre, il les cacha avec soin et ne songea plus qu'à plaire à son tout-puissant patron.
Rasanjy, le premier secrétaire, a une quarantaine d'années. Gomme Marc, il est correct, prudent, avisé et plus intelligent que Ittii 11 a été élevé par les Indépendants et luutes ses piéféreuces
UAOAGASCAU £T LKS HOVA
sont pour les Anijlais. Mais il ne se compromet jamais, pas nrionie en leur faveur, et tàcho toujours de réserver l'avenir. PeuL-ètre même songe-t-il à remplacer un jour le premier ministre.
Mais ces trois hommes ne sont évidemment que les dociles inslrumenls du premier ministre. C'est lui qui fait tout, qui règle tout, qui dirige tout, ]iersonnellement, et par l'intermédiaire de ses aides de camp et de l<Mir chef Raiaisoavelomanaaa, qui transmettent ses ordres aux chefs de districts ou fokolona nommés par lui» et à la mairie d'Isotry, pour la capitale; par ses gouverneurs dans les provinces.