‹ Madagascar et les Hova description, organisation, histoireChapitre 97 sur 105 · Cite par le Madayascar Neivs^ 18 novembre · texte numérisé non relu

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l'absorption qu'ils l edotilcnt. Leur premier désir est d'être ce qu'ils sont et de rester leurs propres maîtres. »

Tout cela, sauf une nuance anti- française, qui trahit un interprète anglais, est parfaitement exact, et il ne faut pas le perdre de vue un instant, si l'on veut comprendre la politique du gouvernement de PImerina, et son histoire pendant le courant de ce siècle.

Radama l*^ lui-même qui devait beaucoup à Hastie et voulut jusqu'à la fin se montrer royalement reconnaissant pour les services qu'il en avait reçus, s'il se laissait conduire par son influence et l'appelait avec une emphase toute malgache c l'ami sincère et répoux de Madagascar », ne consentit pas cependant à se livrer cuiiiplètement à l'Angleterre. Jamais, par exenipie, il ne voulut, quelques instances qu'on lui en fft, autoi iscr les Anglais k ouvnr une route carrossable entre Tamatave et Tananarive « car, si pareille route s'ouvrait, disait-il invariablement, les Anglais euxmêmes ne tarderaient point à s'en servir pour s'emparer du pays * .» Ety pour mieux marquer son souci d'indépendance, il voulut en même temps qu'il se servait des Anglais, avoir des Français auprès de sa personne : le sergent Robin pour former son armée, et le charpentier Le Gros pour hàtir ses maisons, et il leur témoigna à. tous les deux presque autant d'affection qu'à Hastie lui-même.

Sa fenune Ranavalona qui lui succéda sur le trône manifestait encore plus hautement sa défiance à l'égard de l'Angleterre.

Si jamais devant elle on mettait en parallèle Français et Anglais : c Eh bieni je ne me fie pas aux Anglais, répondait-elle; il est vrai qu'ils me font toutes sortes de protestations et de présents, mais un jour viendra qu'ils renouvelleront ce (ju'ils ont fait à Tamatave (bombardement de 4845)... Plus ils font ia courbette devant moi et plus je me mëlie d'eux. j>

Rasoherina elle-même, qui cependant leur devait le trône, ne les aima jamais. Toutes ses préférences intimes étaient pour M. Laborde qui la soigna dans sa dernière maladie et la baptisa; et pour les missionnaires français à qui elle confia et conserva, malgré une pression épouvantable, l'éducation de ses deux enfants adoptifs, Ratahiry et Ravero.

De ses deux premiers ministres, Raivoninahitriniony seul fut absolument l'homme de l'Angleterre. Mais son frère, le premier ministre actuel, n'oublia jamais entièrement ce qu'il avait appris de M. Laborde. Il nous a toujours fait la guerre, il a persécuté la Mission catholique, et n'a rien épargné pour combattre notre

!• Vingt ans ù Madagascar^ p. 119.

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inlluence; mais il a bien pris soin de ne pas la rltHrnire alin de n'être pas livré sans défense à l'Ani^letene. Un ex( iti[*l* entre mille sufUra à le démontrer. Pendant la dernière guerre, il exila tous les inissioanaires catholiques, mais il prit soin que leurs réunions pussent continuer et que leurs p^^lises fussent fidèlement fréquentées. 11 fait un jeu de bascule fort délicat et fort périlleux; il poursuit un équilibre, impossible à garder peut-être» mais où le peuple hova trouverait son profit et la conservation de son indépendance.

Tel est d'un mot le secret de la politique hova. Je ne reviendrai pas ici sur le récit des faits que j'ai rapidement exposés dans le chapitre précédent. Je veux seulement étudier, aussi

clairement que possible, la situation actuelle de la France vis-h-vis des Hova, telle que l'a faite le traité de 1885, et que l'ont uioditiée les événements subséquents.

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