‹ MadagascarChapitre 38 sur 73 · XXVIII . — Ces lettres produisent un effet désastreux · texte numérisé non relu

XXVIII . — Ces lettres produisent un effet désastreux

Le roi, Colbert, les directeurs, les actionnaires, prenaient Caron pour ce qu'il se disait, pour un homme de premier ordre, indispensable, seul capable de faire réussir l'entreprise, il représentait le commerce des Indes, et avait donné un commencement de satisfaction : sa démission apparaissait comme une calamité publique.

M. de la Haye, sur Madagascar (Z?u/2. du Comité de Madagascar), uote 46 bit. — L. Guet, op. cit., pp. 85, 86.

Montdevergue, au contraire, représentait la colonisation de Madagascar, la bête noire des directeurs et des actionnaires. Il n'avait pas été heureux, son pessimisme avait compromis le sort de la Compagnie, et rien ne faisait prévoir qu'il satisferait aux désirs du roi.

Un cri immense, un cri de colère s'élève contre Montdevergue ; on demande sa destitution et même l'abandon complet, définitif de Madagascar.

Louis XIV ne peut résister à l'énorme poussée qui se produit. Pour éviter la déroute des actionnaires et la ruine de la Compagnie, il abandonne la colonisation de Madagascar. Pendant six ans il l'a soutenue de ses deniers, de son influence ; pour elle, il a peiné, soufiert, espéré. 11 capitule, mais de mauvaise grâce, certain d'avoir raison contre tous.

Les directeurs pensent, et un prochain avenir leur donnera raison, qu'il n'abandonne son idée que pour y revenir. Pour éloigner ou rendre impossible une nouvelle aventure, ils décident que les navires ne toucheront plus à Madagascar et feront relâche àTile Bourbon ^ .

i Soucuu DE Rennkfoht, op. cit.f p. 544. — L. Pauliat, op. cit. y pp. 297 et Fuiv.

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