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XXI. M. Hanotaux devant la Chambre des Députés

XXII. Qu'allons-nous faire? — XXIII. Le Ministre est pour raction décisive. — XXIV. Demande de crédit. — XXV. M. Hanotaux devant le Sénat. — XXVI. Vote d'un crédit de 65 millions. — XX VIL La prise de Tananarive est déci-

. dée. — XXVIII. De Majunga à Tananarive. — XXIX. Prise de Tananarive. — XXX. Les Français dans Tananarive. —

1 Oabriel Hanotaux, L'Affaire de Madagascar; Paris, Calmann- Lévy, 1896. — Colonel Ortcs, Madagascar et les moyens de le conquérir^ étude militaire et politique ; Paris, Charles Lavauxelle, 1895. — Louis Bru.net, La France à Madagascar^ 1815-1895. — Louis Catat, op, cit. — Ant. Jully, Notes dhistoire^ proclama* tiens malgaches (dans la Revue de Madagascar, sept. 1899). — Nbple, op. cit., t. I. — Général Gallieni, Rapport d'ensemble sur la Pacification^ l'Organisation et la Colonisation de Madagascar^ (oct. 1896 à mars 1899). — Cap. F. Hellot, La Pacification de Madagascar (opératioûs d'oct. 1896 à mars 1899); Paris, Chapelot, 1900.

XXXI. Les fils des Vieux. — XXXII. Les Vorimo. — XXXIII. Administration du général Duchesnc. — XXXIV. M. Laroche.

Ceux qui veulent donner aux Hova, c'est-à-dire aux protestants anglais, la grande île africaine, finiront par perdre la Reine et son Premier Ministre.

I. — Le traité du 17 septembre 1885 est imprécis, un peu boiteux, ne satisfait personne, et ne donne pas au Résident général une force militaire nécessaire pour faire respecter sa volonté.

Néanmoins, interprété de bonne foi, avec le désir de s'entendre, il donnerait une définition satisfaisante des devoirs et des droits de chacune des deux parties.

II. — Le Ministre pensa que Tinstrument vaudrait ce que vaudrait la main qui l'appliquerait. 11 voulut donc un homme prudent, vigilant, habile, initié aux roueries de la diplomatie orientale, et son choix tomba sur M. Le Myre de Vilers.

Le 14 mai 1886, M. Le Myre de Vilers fait à Tananarivo une entrée très solennelle. Trois jours après, la Reine le reçoit en grande pompe.

Il désire avoir, avec tous les Européens, des relations cordiales, et ne veut pas se mêler aux querelles religieuses. Toutefois il témoignera beaucoup de sympathie à la mission catholique, qui représente l'élément français.

III. — Lo Résident général et le Premier Ministre paraissent animés du désir de s'entendre. Cela ne fait pas l'affaire de tout le monde. Un haut fonctionnaire, inspiré par les conseillers ordinaires du palais, s'efforce d'amener une rupture.

Suivant les traditions diplomatiques, le Résident général offrit, aux notabilités de Tananarive, un grand dîner suivi d'une fête de nuit. La fête était animée, gaie, superbe et battait son plein, quand le Ministre de la Guerre, iSls préféré deRainilaiarivony, suivi d'une troupe de soldats en goguette, entra dans la Résidence générale, et en enleva les musiciens.

Le Premier Ministre, très affecté de cette injure, donna toutes les satisfactions demandées.

Peu après, un gros nuage assombrit l'horizon.

IV. — M. Abraham Kingdon, grand dignitaire de la London Missionary Society, offrait à Rainilaiarivony une vingtaine de millions contre la perception des droits de douane, le monopole de l'exploitation des mines, la frappe des monnaies, et la création d'une Banque d'État.

Rainilaiarivony trouve l'affaire bonne, espère que le Résident général n y verra rien, et signe le traité préparé par le R. Kingdon.

M. Le Myre de Vilers voit dans ce traité une violation de celui de 1885. Résident général et Premier Ministre discutent et ne s'entendent pas. Rainilaia-

rivony envoie à M. de Freycinet un récit commenté de la discussion. Ce hova est fin, subtil, singulièrement délié. M. Le Myre de Vilers connaît la gymnastique de U diplomatie orientale; il ne se laisse ni étourdir, ni démonter et continue d'exiger la résiliation du traité Kingdon. Rainilaiarivony résiste; le Résident, pour lui donner le temps de réfléchir, fait une absence diplomatique.

Pour le moment, la cour d'Emyrne ne redoute rien tant qu'une rupture, et la subite absence du Résident général Talarme grandement.

Rainilaiarivony apprend son retour avec joie et va de suite le saluer. De son propre mouvement il lui offre de faire en France l'emprunt malgache, de construire une ligne télégraphique de Tamatave à Tananarive, de délimiter notre territoire de Diego- Suarez, d'accorder à M. Suberbie une vaste concession .

M. Le Myre de Vilers accepte tout, la paix est faite, les deux diplomates sont amis comme devant.

V, — M. Abraham Kingdon n'est pas content, les Méthodistes sont furieux, tripotent une revanche, et de temps en temps soufflent, dans le ciel politique de TEmyrnc, des nuages empoisonnés.

Un jour, la London Missionary Society annonce à Rainilaiarivony la stupéfiante nouvelle que Digby Willoughby, prétendu ambassadeur hova, a été reçu

officiellement par M. Waddington, ambassadeur à Londres^ et par M. de Freycinet, chef du cabinet de Paris.

Il a été reçu comme particulier, ce qui est trop, beaucoup trop. Mais la vérité ne suffit pas aux Révérends et, dévotement, ils dénaturent les faits.

Rainilaiarivony croit ce qui lui plaît. Très fier qu'on ait donné tant d'importance à son soi-disant ambassadeur, il se redresse, se gonfle, se grandit, pense qu'on a peur de lui, se détourne de M. Le Myre de Vilers et lui oppose des non volumus et des non possumus plus impératifs que jamais,

VI . — Les Méthodistes triomphent et, de plus en plus, poussent le bonhomme à la résistance. Ils lui disent, dans le Madagascar Times : « Refusez tout » et patientez; voyez, la France recule. Demain vien- » dra un nouveau Ministère qui abandonnera Mada- » gascar ».

VII. — La position de M. Le Myre de Vilers devient très pénible. Pour défendre sa personne et dicter sa volonté, il a une douzaine d'hommes. Cest une force morale; ce n'est rien pour des gens qui n'ont de respect et d'admiration que pour la force brutale.

Rainilaiarivony recommence à persécuter les Français, ne veut plus entendre parler du Protectorat diplomatique^ réduit en esclavage nos protégés sakalava et antankara, refuse audience au Résident

général, tandis que sa porte est toujours ouverte pour le consul d'Angleterre.

VIII. — M. de Mahy, avisé de la situation, talonne le Ministère et réveille la Chambre. Il tonne au Palais Bourbon, les échos se répercutent à Tananarive, Rainilaiarivony craint d'avoir dépassé la mesure et devient plus accessible. M. Le Myre de Vilers lui fait comprendre qu'à braver la France il risque son portefeuille, peut-être davantage.

LareineestpourM. Le Myre de Viters, qui n'a jamais trompé personne.

IX. — Rainilaiarivony a fait reine la princesse Razatindrahety parce qu'elle était bête, jeune et jolie. Il se trompa sur un point : Rauavalo III n'était pas bête. Il arriva qu'elle eut sur lui l'influence toujours très grande, souveraine, irrésistible, qu'a une femme intelligente, jeune et jolie sur un mari qui touche à la soixantaine. Le bonhomme se soumit à la volonté de sa femme et revint aux relations confiantes et amicales des premiers jours.

Le 18 décembre 1886, il traite avec le Comptoir d'Escompte de Paris; l'indemnité de guerre, fixée à dix millions de francs, nous est versée, et nous évacuons Tamatave. Douze jeunes Hova sont envoyés en France pour terminer leurs études. Une ambassade, conduite par le Ministre de la Guerre, est envoyée au Président de la République.

La réconciliation est complète, le Protectorat semble définitivement accepté.

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