I. — Le 16 septembre 1896, le général GalUeni
1 SOURCES. — A. Grandidibr, Lei canaux et les lagu^ves de la côte orientale de Madagascar^ dans le Bulletin de la Soc, de Oéog. de Paris, 1886, l«r trim. — Voyage du général Gallieni (cinq mois autour de Madagascar), dans le Tour du Monde, 1899, 1900. — Le Cap. F. Hhllot, La Pacification de Madagascar (opérations d*octobre 1890 à mars 1899); Paris, Chapelot, 1900. — OÛNéRAL Gallieni, Rapport d'ensemble sur la Pacification^ V Organisation et la Colonisation de Madasgascar (oct. 1896 à mars 1899). —Cap. NàPLS, Le Guide de l'Immigrant à Madagascar \ Paris, A. Colin, 1899. — Gabriel IIanotaux, L'Affaire de Madagascar \ Paris, Calmann- Lévy, 1896. — H. d'Esc a m p, Hist. et Géogr, de Madagascar; Paris, Pirmin-Didot, 1884. — E.-K. Gautier, L'Œuvre scolaire d Madagascar, dans la Rev. de Mad,, janvier 1900. — Revue de Madagascar, de 1899 à 1902. — Charles Depincb, La Colonisation militaire d Madasgascar, dans la Revue de Madag., uov. 1899.
prend le commandement du corps d'occupation ; dix jours après, il remplace M. Laroche comme résident général^ et réunit dans ses mains les pouvoirs civils et militaires.
Rompu aux affaires coloniales et à la politique tortueuse et ondoyante des Asiatiques, il saura organiser l'administration et se garer des pièges du Manjaka-Miadana. Très courtois, très ferme, il ne sera le courlisan ni de Ranavalo ManjakallI, ni des princesses, ni des ministres, ni de personne.
II. — Au moment de son arrivée, Tananarive et rimerina sontenfeu. L'île entière, habilement circonvenue, craint pour ses coutumes et ses libertés et se montre hostile à la pénétration française.
Il fallait, tout en économisant les vies humaines, conquérir rapidement Tananarive, l'Imerina, un territoire plus grand que la Franco. Et ce n'était pas tout de conquérir le sol, il fallait aussi conquérir les intelligences et les cœurs, créer une administration appropriée à l'état de civilisation de chaque peuplade, donner à l'ensemble un mouvement ascensionnel et progressif.
Pour cette œuvre colossale et d'une infinie délicatesse, le général Gallieni dispose d'un corps d'armée de douze mille hommes. Mais c'est un personnel de choix, d'une cohésion parfaite, d'un dévouement absolu, plein de confiance, marchant d'un même
cœur, d'une même âme, d*un même pas, vers le but indiqué.
Il s*est vite rendu compte de la situation, en a vu les points malades, et a pris son parti.
Il réunit les ministres et les hauts personnages malgaches et leur tient ce langage : « Je sais que » certains personnages malgaches en vue n'ont pas » toujours gardé l'attitude que le gouvernement » français est en droit d'attendre d'eux ».
Il ne doit plus en être ainsi. Il récompensera les fidèles serviteurs de la France et de la Reine, et réprimera tout acte d'hostilité contre l'autorité française. « Il est de votre intérêt personnel », leur dit-il, « de servir loyalement la France, car nous sommes » définitivement installés à Madagascar, et le gou- > vernement de la République sera toujours heureux » de récompenser les services qui lui seront » rendus ».
III. — Le Ministre de l'Intérieur et un oncle de la Reine ne se croient pas touchés par cette admonition et continuent de diriger la rébellion. Ils sont traduits devant un conseil de guerre, condamnés et fusillés.
IV. — Une tante de la reine, qui passe pour être l'esprit de la famille, est notre ennemie déclarée. Le général Tenvoie cuver sa haine à Sainte-Marie de Madagascar.