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PEUPLES DEMI-INDÉPENDANTS

Les Sakalaves. — Les Sakalaves avaient autrefois une situation prépondérante à Madagascar et occupaient une étendue de 10 degrés géographiques, de la presqu'île d'Ankify, au nord, à la baie Saint- Augustin, au sud. Les Hovas leur payaient tribut.

Mais des dissensions intestines résultant de compétitions pour la succession au trône les divisèrent et émiettèrent pour ainsi dire Tautorité.

Dans ces conditions, malgré leur bravoure et leur haine très violente contre les Hovas, ils ne purent résister aux invasions de ces derniers.

Ils ne sont pas encore complètement soumis, mais Jes Hovas s'infiltrent de plus en plus chez eux. Les gouverneurs, appuyés sur des postes militaires dont le nombre croît sans cesse, arrachent petit à petit aux chefs sakalaves le peu d'autorité qui leur reste.

Au physique, les Sakalaves sont mieux constitués

que les Ho vas; ils possèdent une réelle valeur guerrière, mais ils ont un penchant immodéré pour la vie nomade et le pillage.

On a prétendu qu'ils sont les alliés de la France, c'est exagéré.

Leur haine du Hova les pousse à rechercher notre appui; on aurait tort de tirer de cette attitude toute politique et égoïste la conclusion qu'ils ont des sympathies pour nous.

Les Sakalaves sont répartis aujourd'hui en quatre divisions principales et autonomes du Bouéni, de l'Ambongou, du Ménabé et du Fiéréné.

Le Bouéni y la plus importante des quatre, s'étend de la presqu'île d'Ambatou au cap Saint-André. Il relève du gouverneur hova de Majunga.

Peuplé seulement le long de la mer, il présente dans l'intérieur d'immenses solitudes à peu près incultes.

Parmi les nombreux rois et reines de cette contrée, nous ne citerons que le roi Tsiaras, frère du roi Monza, mort en 1887, et la reine Binao, établis respectivement au nord et au sud de la baie de Passandava, dont les sujets nous fournirent pendant la dernière campagne des auxiliaires, soldats, porteurs, guides....

Majunga, sur la baie de Bombétoke, est la ville la plus importante de toute la région, la troisième de rile entière.

A proximité de Nossi-Bé, Mayotte et Mozambique, au fond d'une rade étendue, d'une bonne tenue pour les navires, elle possède en outre l'avantage de se trouver à l'embouchure du fleuve Betsiboka, dont le principal affluent, Tlkopa, contourne une partie de la ville de Tananarive.

Bien que plus éloignée de 150 kilomètres de la capitale de nie que Tamatave, elle tire de la pente plus douce des terrains, du voisinage de ces importants coursd'eau, de la possession d*un mouillage sûr et proche, des avantages qui lui promettent, dans un avenir prochain, une supériorité incontestée sur sa rivale.

Lorsque la paix revenue, elle sera reliée à Tananarive par un chemin de fer à voie étroite, elle deviendra incontestablement F entrepôt principal de Madagascar.

Vue du mouillage, avec ses maisons de pierre que continue une ligne de cases de plus d'un kilomètre, adossée à une colline couverte de manguiers, dominée par le rova hova, Majunga a Tair d'une véritable cité. De près, il faut en rabattre.

La ville se compose de soixante maisons de pierre ou torchis etcinquante-deux recouvertes de tôle ou surmontées d'une terrasse. Le reste est une agglomération de huit cents cases de paille, pour la plupart entourées d'une clôture de même nature et disposées sans grand ordre.

A part deux grandes artères parallèles au rivage, il n'y a pour ainsi dire pas de rues.

L'éclairage, l'entretien des routes, les soins les plus élémentaires de voirie sont choses totalement inconnues.

« Le long du Betsiboka et de l'ikopa et jusqu'à Kinaze à 340 kilomètres du littoral, sont répartis les postes ho vas, qui assurent les communications avec Tananarive. Les principaux de ces postes, Kinaze, Ampoutac, Malatse, Ampassiri, Ankoale, Bessève, ne sont que des villages de cent à cent vingt cases environ. Le pays qu'ils jalonnent est très mamelonné et

parfois montagneux ; les plus hautes cimes atteignent 1,200 mètres ; mais les arbres font partout défaut et la vue se repose toujours sur un horizon assez étendu *. »

L'Ambongou s'étend de la baie de Baly jusqu'au sud de Maintirano. Il est divisé en plusieurs états. Les Hovas ont voulu le conquérir en 1835, mais décimés par les fièvres, ils ont dû renoncer à leurs entreprises et le pays est toujours indépendant.

Les principaux ports de cette partie de la côte sont Tambouarane et Maintirano.

Le Ménabé comprend la contrée au sud de TAmbongou, jusqu'à la rivière Mangouc. Une partie du pays, celle du nord, est indépendante, l'autre est soumise aux Hovas.

Le Ménabé indépendant obéit au roi Touère et à son frère Angarèze ; les habitants de cette région, paresseux et pillards, n'ont ni commerce ni industrie.

Le Ménabé soumis appartient à la reine Rasaotra qui réside dans le fort de Mahabo, auprès du gouverneur hova.

Les ports les plus importants sont Ambato et Morondava, escale de la Compagnie des Messageries maritimes.

Comme le Bouéni, la contrée, assez peuplée sur la côte, est déserte dans l'intérieur; elle est également reliée à l'Imerina par une succession de postes hovas.

Le Fiérène est compris entre le Mangouc et la baie Saint- Augustin ; c'est le berceau des anciens rois sakalaves, dont les reliques sont encore conservées aux environs de TuUéar.

Une partie du Fiérène est toujours indépendante, les Hovas ne sont établis que dans le sud, à TuUéar, Saint- Augustin et environs^

Antanosses. — Les Antanosses sont les Malgaches de Fort-Dauphin et environs. Leurs traits sont plus délicats que ceux des autres peuplades de la cote ; leur couleur est moins foncée ; leurs cheveux sont fins et bouclés. Ils sont soumis aux Hovas, mais l'autorité du gouverneur ne s'étend pas au delà de Fort-Dauphin.

« Fort-Dauphin se trouve au sommet de dunes de 40 à 50 mètres de hauteur. On accède à la ville par un sentier qui débouche à la plage près du hangar de de la douane. Au pied des dunes se trouvent des rochers, au milieu desquels on voit la vague finir en gerbes et en jets d'eau intermittents d'une grande hauteur. L'aspect de la ville et des environs est tout européen. L'atmosphère n'est pas lourde comme à Tamatave et sur les autres points peu élevés de la côte. L'air est au contraire vif et frais et les Européens peuvent, dit-on, vivre dans d'excellentes conditions.

« Le fort construit par les Français en 1642 est une vaste enceinte dans laquelle se trouvent établies aujourd'hui un grand nombre de cases habitées par les soldats hovas ; elles forment une sorte de village hova à côté du village malgache. Il en est ainsi du reste dans toutes les villes de quelque importance. A l'extrémité nord de l'enceinte, dans une sorte de cour d'honneur, se trouve l'habitation du gouverneur. Il ne reste guère comme souvenir de l'occupation française que les tours et les murailles du fort, dont les ruines semblent défier les années. Il ne reste plus aucune

trace des autres constructions européennes ; on chercherait en vain le cimetière et Téglise de nos compatriotes du dix-septième siècle. La population de Fort- Dauphin est d'environ 2,000 habitants, dont les trois quarts parlent et comprennent le français \ »

Tanales. — Les Tanales habitent les contreforts orientaux de Textrémité sud du plateau Betsiléo. Leur pays est couvert de forêts, il est incomplètement soumis.

Bares. — Ils sont établis au sud des Betsiléos et à Test du Fiérène. Les nombreuses expéditions des Hovas pour les réduire sont restées à peu près infructueuses ; elles n'ont amené que l'occupation d'Ihouse.

Le pays des Bares est à peu près inconnu.

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