‹ MadagascarChapitre 10 sur 45 · HOVAS ET PEUPLES SOUMIS AUX HO VAS · texte numérisé non relu

HOVAS ET PEUPLES SOUMIS AUX HO VAS

Hovas. — On désigne ainsi la population de Tlmerina^ dont le gouvernement^ résidant à Tananarive^ a étendu son action sur la presque totalité de Madagascar. Au point de vue ethnographique, les Hovas semblent être de race malaise. Leurs traditions, d'accord avec celles des populations qui les ont précédés, les font venir de l'est. Naufragés sur la cote et en butte aux entreprises malveillantes des naturels, ils se seraient, parait-il, retirés dans l'intérieur et auraient peu à peu conquis par les armes leur place au soleil. Plus intelligents, plus énergiques que leurs voisins, établis dans le pays le plus sain, le plus fertile, ils ont progressivement étendu leur domination. Aujourd'hui, à part quelques tribus sauvages du sud, les peuples de Madagascar sont sous leur dépendance ou tout au moins subissent leur influence.

L'histoire des rois hovas remonte au seizième siècle, mais jusqu'au commencement du dix-neuvième, elle est si bien ignorée que les colons et les explorateurs français qui, dès 1601, abordèrent dans l'île, n'en font aucune mention.

C'est sir R. Farquhar, gouverneur anglais de l'île Maurice en 1815, qui a inventé les Hovas, selon la pittoresque expression de M. de Mahy. Contraint de

restituer à la France Tîle de Madagascar, occupée par son gouvernement pendant les guerres de Tempire, il s'ingénia à créer dans le pays une puissance capable de contrebalancer notre influence.

Les Hovas étaient de toutes les tribus la plus active, la plus susceptible de transformation immédiate; il sut les gagner et devenir peu à peu leur conseiller.

Depuis cette époque TAngleterre a su conserver sa position vis-à-vis du gouvernement hova. Dans tous nos démêlés avec lui, nous la trouverons s'efforçant d'enrayer notre action et de retarder notre mainmise définitive sur Tîle.

Voici le portrait que donne des Hovas M. Grandidier, qui visita Madagascar avant 1870 ; il ne s'est pas modifié : « Les Hovas sont généralement de taille plus petite que les autres peuplades malgaches, mais ils sont néanmoins pleins d'énergie et adroits ; si l'on peut avec raison leur reprocher leur ignorance, leur hypocrisie, leur égoïsme, leurs cruautés, défauts naturels dans une population livrée de tout temps à la barbarie, mais qui tendent à disparaître, ils n'en so^t pas moins intelligents, travailleurs, économes et relativement sobres ; et à cause de ces qualités très réelles, on ne saurait les comparer aux autres tribus malgaches, qui leur sont inférieures par leur penchant à l'ivrognerie, par leur paresse et par leur prodigalité. )>

Les Hovas ne forment que le tiers de la population de l'île ; c'est la meilleure preuve de leur supériorité.

Peuples soumis aux Hovas. — Nous désignons sous cette rubrique les peuples qui ont accepté de fait Tadministration hova; mais il est bon de dire que

leur soumission est loin d'être absolue. Us ne montrent aucune sympathie pour des vainqueurs qui les oppriment durement^ et il est certain que si les temps deviennent durs pour les Hovas, ils n'hésiteront pas à se soulever contre eux .

Antsianacs. — Les Antsianacs sont établis au nord de rimerina, à l'extrémité du plateau central. Population insouciante et paisible^ soumise depuis la fin du siècle dernier, ils n'ont fait aucune tentative pour recouvrer leur indépendance. Le gouvernement hova entretient chez eux deux gouverneurs.

Betsiléos. — Le pays des Betsiléos comprend la partie du plateau central située au sud de Tlmerina. Les Betsiléos n'ont été soumis qu'après des luttes acharnées; pour eux, l'administration hova est particulièrement dure et tracassière. Il n'y a aucune sécurité pour la propriété ni pour le commerce. Aussi le pays est-il très troublé; des bandes de /aAam/o5 (voleurs), composées de soldats déserteurs, d'habitants révoltés contre les exactions, parcourent le pays et opèrent partout des razzias.

Huit gouverneurs assurent chez eux la domination des Hovas. La capitale, Fianarantsoa, compte 10,000 âmes.

Betsimisaraks . — On désigne ainsi l'ensemble des populations de la côte est, de la baie d'Antongil à Mananzare. Amollis par la température plus chaude de la côte, les Betsimisaraks se distinguent par leurs mœurs douces et faciles et leur répulsion pour le travail assidu. Ils se contentent de récolter les produits que le sol leur fournit abondamment, presque sans culture, et vivent misérablement dans des cases primitives. Quel-

ques peuplades montrent pourtant du goût pour la navigation .

La côte, dans cette partie de Tîle, présente plusieurs ports, dont les plus importants sont ceux de Fénérive, Foulpointe, Vohémar, Andevorante, Vatoumandry ; mais le centre le plus considérable de toute la côte est et même de toute Tile, après Tananarive, est sans contredit Tamatave. C'est en ce point que vient se concientrer la plus grande partie du commerce d'importation et d'exportation.

La France y avait établi une résidence et un tribunal ; TAngleterre, l'Allemagne et Tltalie y ont chacune un consul.

Tamatave, bureau de l'Union postale, est reliée avec toutes les localités importantes de l'île par un service de courriers piétons et en outre, avec la capitale, par une ligne télégraphique.

Trois compagnies maritimes y font escale : les Messageries maritimes, la Compagnie havraise et la Castle Line (anglaise).

La ville est bâtie sur une pointe de sable d'un kilomètre environ de longueur, entre deux baies ; celle de l'est, très grande et ouverte, constitue une rade assez vaste et d'une bonne tenue, pendant la saison sèche, de mars à novembre.

Cet avantage et sa proximité de la Réunion et de Maurice, en même temps que de Tananarive, ont fait la fortune de Tamatave.

Elle est percée de rues dirigées dans le sens de sa longueur, reliées par des ruelles transversales. Le quartier européen qui renferme les consulats, banques et maisons de commerce, regarde la rade; les villages

indigènes sont de l'autre côté de la pointe ou versTintérieur.

Enfin un faubourg composé d'habitations de plaisance entourées de jardins s'étend le long de la côte sud.

Malheureusement, le service de la voirie est nul et si quelques habitations encadrées dans de jolis jardins présentent un aspect agréable, un plus grand nombre, au contraire, construites avec des matériaux de rebut, sont entassées pêle-mêle.

On trouve dans la ville deux hôtels et de nombreux magasins de comestibles, liquides, objets d'habillement et d'ameublement; la vie y est relativement chère.

Tamatave renferme 12,000 habitants, dont 400 Européens environ.

Benazanozanas . — Ils habitent la vallée du Mangour, entre l'Imerina et le pays des Betsiraisaraks; comme ceux-ci, ils sont complètement soumis aux Hovas qui les emploient à porter des fardeaux entre la côte et Tananarive.

Leur capitale, Mouroumangue, a une population de 3,000 âmes; un gouverneur hova y réside.

Antankars. — Les Antankars occupent l'extrémité nord de Madagascar. De 1820 à 1840, ils ont été soumis aux Hovas; à cette dernière date, ils ont essayé de secouer le joug. Mais, désespérant du succès de cette tentative, leur roi, Tsimiar, céda ses États à la France et se retira à Nosi-Mitsiou.

Nous avons toujours négligé de tirer un parti effectif des droits qui nous ont été ainsi cédés et les Hovas ont pu s'installer librement dans le pays.

Les Antankars font un grand commerce de bœufs qu'ils vendent à Diégo-Suarez ou à Vohémar. Ils nous ont rendu quelques services pendant la dernière campagne, en qualité d'auxiliaires et de porteurs.

Antaimours. — Leur pays s'étend le long de la côte est, au sud des Betsimisaraks, de Mananarre à Farafanga. Les Antaimours n'ont jamais été complètement soumis et ils entretiennent une haine vivace contre leurs vainqueurs.

C'est le peuple le plus travailleur de Madagascar ; chaque année, un grand nombre d'entre eux quittent le pays et vont se louer dans d'autres parties de l'île.'

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