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Idem

Affections palustres. — Par ordre de fréquence, les affections palustres affectent les formes suivantes :

Les fièvres intermittentes à type quotidien, atypiques, tierces, pernicieuses, la rémittente bilieuse, la bilieuse hématurique (rare), les névralgies palustres, le paludisme chronique (assez fréquent).

On a remarqué que ces affections se contractent plus facilement pendant la saison des pluies que pendant la saison sèche. Toutefois, celle-ci est loin de présenter une immunité complète et les précautions hygiéniques spéciales sont à observer en tout temps.

Ce n'est guère que pendant la traversée du Bouéni, c'est-à-dire de la côte au plateau central, que la fièvre est à redouter.

Sur le plateau central, on trouve des températures tempérées, un air plus vif, aussi les affections palustres y sont-elles rares et bénignes.

On se débarrasse facilement dans l'Imerina des affections contractées dans le bas pays.

Dysenterie. — Ainsi que nous l'avons dit plus haut, elle est rare et bénigne, mais sévit toute l'année. Elle n'a pas de recrudescence saisonnière. Les complications hépatiques de la dysenterie sont rares. Mais le seul fait de son existence doit faire prévoir qu'elle peut devenir épidémique et grave du fait de l'encombrement résultant d'une immigration européenne en masse.

En dehors de ces affections principales qui menacent tout le monde, il est bon de citer les suivantes dont la fréquence est moindre ou qui pourront être facilement évitées, moyennant certaines précautions.

Affections vénériennes. — La syphilis est générale dans la population indigène ; les affections blennorrhagiques et chancrelleuses sont très fréquentes. Il y a là pour TEuropéen immigré un danger constant.

Insolation. — Assez rare chez TEuropéen vivant et travaillant isolément. Est à prévoir assez nombreuse en cas d'encombrement et d'exercice au soleil.

Fièvres éruptives. — La variole existe à l'état endémique. Quoique les cas n'en soient pas très nombreux, tout Européen immigrant doit être vacciné ou revacciné.

Affections cutanées. — La gale est assez fréquente dans les basses classes de la population indigène.

Plaies d'ulcérations. — Chez les individus sains et robustes, les plaies guérissent bien et rapidement ; biea traitées, elles peuvent guérir également chez l'Européen même un peu débilité.

CONSEILS d'hygiène.

Repas. — La coutume de l'apéritif est dangereuse.

L'absorption d'une grande quantité d'eau avant le repas, au lieu d'exciter l'appétit, emplit l'estomac qui, déjà mal disposé par suite de la fatigue occasionnée par la chaleur, se refuse à recevoir une quantité d'aliments suffisante.

Faire bouillir l'eau, ou la filtrer, surtout si elle ne provient pas d'un cours d'eau rapide. Les indigènes

CUMATOLOGIE, PATHOLOGIE, HYGIÈNE. 23

eux-mêmes ne boivent ordinairement que de Teau bouillie. L'usage du thé léger est recommandé.

Le vin pur ou coupé d'eau est un tonique dont les Européens se passent difficilement. Éviter les excès de boissons alcooliques. Ils sont presque toujours suivis d'un accès de fièvre et prédisposent à l'insolation.

La nourriture doit être substantielle ; les bœufs du pays fournissent une viande d'assez bonne qualité. A défaut de légumes frais, manger du riz.

Ne pas charger l'estomac d'une grande quantité d'aliments.

Vêtements. — De la côte au plateau central, c'està-dire pendant 300 kilomètres environ, la tenue coloniale peut seule être -supportée.

Dolman et pantalon blancs, chemise légère, casque insolaire. Pour la nuit, avoir à portée un dolman et une ceinture de flanelle.

Sur le plateau central, la tenue de drap pour les hommes (pour les officiers la même tenue ou la tenue coloniale en flanelle) est indispensable.

Précautions contre la fièvre. — Ne pas se mettre en marche à jeun ; ne pas boire d'eau stagnante ; faire bouillir l'eau ou la filtrer.

En prévision d'une journée fatigante, absorber une dose de 0*',25 de quinine avant de se mettre en marche.

Les médecins de Madagascar recommandent le bromhydrate ou le chorhydrate de quinine.

L'usage journalier du quinquina, sous forme d'alcoolé, par exemple, est très recommandé.

Certains médecins conseillent Tusage constant delà quinine, à raison de 0*%25 tous les deux jours.

Précautions contre la dysenterie. — Alimentation aussi régulière que possible. Port habituel de la ceinture de flanelle, surtout la nuit. Ne pas boire d'eau stagnante. Éviter le contact des objets à Tusage des dysentériques.

Précautions contre l'insolation. — Ne jamais boire d'alcool largement avant d'aller au soleil. Port constant du casque. Usage du mouchoir mouillé au besoin.

Précautions à prendre au bivouac. — S'isoler du sol le plus possible; s'envelopper d'un moustiquaire, se couvrir le ventre d'une ceinture de flanelle.

Conseils généraux. — Éviter tout excès de boisson, tout excès sexuel. Les médecins résidant à Madagascar sont unanimes à dire que l'intempérance ou la débauche se paient immédiatement d'un accès de fièvre.

Ne pas oublier que les affections syphilitiques et blennorrhagiques sont courantes chez les femmes hovas.

Les soins de propreté, les soins de la peau en particulier, ont une importance considérable, la transpiration régulière étant la meilleure défense contre l'influence nocive de la haute température du pays. Toutefois, les bains de rivière donnant quelquefois la fièvre, il sera sage de n'en pas user.

Renouveler fréquemment les vêtements imprégnés de sueur.

Pour terminer ce chapitre, nous nous empressons de donner Topinion unanime des médecins français résidant à Madagascar, sur racclimatement des Européens dans le pays : il se fait facilement, sans tribut à la maladie, pourvu qu'on soit tempérant et qulon prenne les précautions hygiéniques recommandées par Texpérience.

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