LES COMORES
lions de kilogrammes. La tisseranderie et l'orfèvrerie forment les principales industries des habitants : leurs bijoux sont assez élégants et Tinfériorité des outils employés fait ressortir l'habileté des ouvriers. Les principaux objets importés sont : le riz, les bœufs venant de la côte d'Afrique et de Madagascar, les moulins et les machines à sucre, le fer, les vins, les spiritueux, les briques, la poudre de traite, les
Femmes construisam une maison, à Mayotte.
(Phot. communiquée par la Soc. de Géographie.)
étoffes de coton, les ustensiles de ménage, le charbon, etc. Les principaux objets exportés sont : le sucre, les cocos, l'huile de coco, la noix d'arec, le rhum, les curiosités du pays, etc. 11 n'existe pas de droits de douane à Mayotte.
Au nord-ouest de Mayotte se trouvent les îles à'A7ijouany de Mohêli et de la Grande-Comore , sur lesquelles le protectorat français a été établi en 1886. Leur population totale est d'environ 50 000 habitants, d'origine africaine, arabe ou malaise; elles sont très fertiles et bien arrosées, à l'exception de la Grande Gomore.
L'île d'Anjouan possède un mouillage commode; sa capitale est Mosamoudou, près de laquelle est établi un
chantier pour la construction des cotres, bateaux qui quelquefois vont jusqu'aux Indes. — L'île de Mohéli est une des plus importantes pour le trafic de Madagascar avec la côte portugaise et Zanzibar. Sa capitale est Fomboni. — Les habitants de la Grande-Comore ont des mœurs extrêmement sauvages. Ils se livrent peu à l'agriculture, quoique l'île s'y prête admirablement. Us combattent avec la lance et le bouclier, et sont souvent en guerre entre eux. La capitale de la Grande-Comore est Moroni.
Des troubles ont éclaté dans les trois îles en 1891 : à Anjouan, les esclaves, armés par un des compétiteurs au trône du sultan Abdullah, qui venait de mourir, pillèrent les plantations et forcèrent les Européens à quitter l'île; à Mohéli, le prince régent se fit proclamer roi, au mépris des droits de la jeune reine que la France élevait à la Réunion; à la Grande-Comore, le sultan Saïd Ali, notre protégé, fut déposé par le peuple. Le 'capitaine Prouhet fut envoyé aussitôt à Anjouan avec la division navale de l'océan Indien. Mosamoudou fut bombardée le 23 avril, et les révoltés, poursuivis dans l'intérieur, contraints de se soumettre. La flotte française parut ensuite devant les deux autres îles et y rétablit l'ordre. Les trois princes dont les menées avaient provoqué ces troubles ont été déportés à Obock.