‹ Madagascar; sa description, ses habitantsChapitre 13 sur 94 · CHEMINS DE 1ER · texte numérisé non relu

CHEMINS DE 1ER

Il n'y en a pas encore à Madagascar, sauf un petit Decauville, que M. Suberbie a fait faire pour desservir son usine, et conduire les marchandises des mines au port d'embarquement à Suberbieville. Les deux tronçons atteignent une longueur de 10 kilomètres et les wagonnets en sont remorqués par une petite locomotive. Ce n'est évidemment qu'un commencement qu'il faudra continuer, probablement en élargissant la voie. Mais tel qu'il est, ce petit tronçon n'en est pas moins l'amorce d'une première ligne à établir, et fait grand honneur à l'initiative de celui qui, sans subvention et sans encouragements, a su l'entreprendre, au milieu de toutes les difficultés et de la malveillance non déguisée du gouvernement hova. Il avait fait plus. Des négociations avaient été engagées par lui avec le premier ministre pour continuer cette ligne jusqu'à Tananarive. Malheureusement elles n'ont pas abouti, et cet échec est

une nouvelle preuve de la volonté bien arrêtée du tout-puissant Rainilaiarivony de tenir Madagascar complètement fermé à notre influence, et d'arrêter toutes nos entreprises.

Malgré tout, ce chemin de fer s'impose, et il sera le premier exécuté. La construction du reste en est facile et peu coûteuse. Le devis en a été fait et par les soins de la marine, et par l'ingénieur en chef de M. Suberbie. Leurs chiffres concordent assez exactement. Or, M. Guinard m'a affirmé qu'il serait prêt à en prendre l'entreprise à raison de 50,000 francs par kilomètre, pour une voie de un mètre.

11 y aurait approximativement 4-00 kilomètres. Ce serait donc une dépense totale de 20 millions, somme relativement minime pour un si grand travail.

Une fois ce premier tronçon exécuté, et Tananarive ainsi reliée à la côte Ouest, il faudra la rattacher à la capitale du Sud, Fianarantsoa , et à la côte Est.

M. Guinard avait étudié avec soin un projet intéressant qu'il ne peut être que très utile de faire connaître.

Il proposait donc, en partant de Mahanoro , de remonter le Mangoro, jusqu'à son confluent avec l'Onive; de faire, à partir de ce point, un crochet de 40 kilomètres vers le Sud, afin d'éviter la grande faille de la première arrête faîtière, par laquelle se précipitent les eaux de ces fleuves, et qui est impraticable; de reprendre ensuite l'Onive à Tsin-

joarivo, et, laissant à droite le massif de l'Ankara tra, de franchir, à 1,400 mètres environ d'altitude, la chaîne transversale, pour gagner les sources de Tlkopa, et le longer jusqu'à Tananarive. De plus, un embranchement partant de Tsinjoarivo, franchirait facilement deux chaînes transversales, tomberait dans les bassins de la Mania et de la Matsiatra et aboutirait à Fianarantsoa.

Ce tracé a le tort de laisser de coté Tamatave, le meilleur port de la cote Est. Mais à part cela, il présente de grands avantages. Il traverse de riches vallées, il n'a que de faibles pentes à gravir, et son prix de revient, si l'on s'en rapporte aux appréciations de M. Guinard, serait relativement peu élevé.

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