XVII AVANT-PROPOS
Or, dès que l’on prend la peine de feuilleter ces documents, on a sur-le-champ la vision d’un Louis XIV sans le moindre rapport avec le roi sorti des recherches contemporaines.
Là, nulle trace de ce souverain tout à ses maitresses, à ses plaisirs, à l’ostentation, au soin de sa gloire, qu'on est porté à regarder comme ayant été incapable de se plier aux fatigues comme aux tracas journaliers d’un gouvernement. On se trouve au contraire devant un homme d’un esprit précis. méthodique, possédant au dernier point le sens et le goût des affaires, non seulement dans leur conception, mais encore dans leur exécution, ct ne semblant nullement avoir besoin de faire effort, qu'on nous pardonne cette expression familière, pour « mettre la main à la pâte » et payer de sa personne.
Dans ces papiers effectivement apparait un Louis XIV brûlant d’une ardeur incroyable pour l'établissement de cette Compagnie des Indes orientales de 1664. Et l’on est stupéfait de le voir user aussi largement de son prestige et de toute son influence de roi en faveur de cette entreprise, écrivant aux villes de France, et faisant agir toutes les classes de la société pour le placement des actions, présidant des assemblées d'actionnaires, exerçant une pression ouverte afin d'avoir des « directeurs » ou,