AVANT-PROPOS XIX
comme nous dirions aujourd'hui un « Conseil d’administration », de son choix. En un mot, on a un Louis XIV tellement emporté dans son idée, que ces papiers donnent le spectacle du roi Soleil, descendant pour arriver à ses fins, à des intrigues de détail et à des pratiques d’une moralité douteuse, qu'on ne trouve de nos jours que chez les lanceurs d’affaires peu scrupuleux.
En matière de critique historique, nos exigences sont trop rigoureuses pour prétendre que, du fait particulier sur lequel nous allons nous appuyer, on doive tirer cette conclusion générale, que, dans tous les autres actes de son gouvernement, Louis XIV ait apporté la même énergie et la même initiative qu’en cette affaire de la Compagnie des Indes orientales de 1664. Non.
Cependant, quand nos lecteurs auront considéré ce que Louis XIV fit pour la fondation et le maintien de cette Compagnie, quand ils auront suivi pas à pas la conduite qu'il tint en cette circonstance, et qu'ils se seront soigneusement rendu compte que le beau feu, dont il fut animé à cette occasion, persista des années sans se ralentir jamais, il y a une concession que nous leur demanderons et qu'il leur sera bien difficile de ne pas nous faire : c’est que pour les affaires d'ordre économique, Louis XIV devait disposer de facultés, d’aptitudes, d’une force de conti-