‹ Madame Absalon vaudeville en un acteChapitre 4 sur 15 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FRICARD, MADEMOISELLE VERTEBONNE.

MADEMOISELLE VERTEBONNE, entrant précipitamment.

C’est bien fait !

FRICARD.

Quoi donc?

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Comprenez-vous... un imbécile qui se jette par terçe dans l’escalier, et qui est très-étonné que je cogne sur lui en montant.

FRICARD.

Comment?

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Je l’ai trépigné... mais passons... Dites donc, suisse...

Je ne suis pas suisse, mais concierge...

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Savez-vous que votre propriétaire est un drôle de gas ?

FRICARD.

Ah ! vraiment.

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Ne faites donc pas l’imbécile.

FRICARD.

Je ne fais pas l’imbécile.

MADAME ABS Al, ON

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Non, vous rôles!... (S’agitant.) Comprend-on cela... Je vois ce logement hier... il me convient... Je vais chez le propriétaire... monsieur de Jolisac (un nom charmant), nous convenons du prix, et ce matin, quand je vais pour l’arrêter... pas le propriétaire... le logement... monsieur de Jolisac me fait payer quinze francs par an pour l’éclairage... de l’escalier...

FRICARD.

Dame !...

Mais malheureux! il n’est pas éclairé ton escalier... mais son escalier est pavé avec des individus... on y piétine sur des tronçons d’ôtres vivants. . . Je me suis assise tout à l’heure sur la tête d’un monsieur,., ce n’est plus un escalier, c’est, comme au Cirque olympique, une pyramide humaine!

FRTCARD.

Alors, madame ne prend pas l’appartement?

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Si... c’est embêtant... mais je le prends... parce que je ne puis pas faire autrement... Voici votre denier à Dieu.

FRICARD.

Merci bien!... Ah ! à quel nom madame répond-elle?

MADEMOISELLE VERTEBONNE, à pari.

A quel nom je réponds? me prend-il pour un caniche?... (Haut.) Je réponds au nom de Vertebonne.

FRICARD.

Nous avons des prunes... qui s’appellent ainsi.

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

C’est bien.

FRICARD.

Madame veut-elle me faire connaître la profession qu’elle exerce.

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Mais vous me paraissez vouloir faire un trou dans la muraille de ma vie privée...

C’est la règle, nous n’admettons pas les états qui font du bruit!... et si madame était maréchal ferrant...

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Que faisait la personne qui m’a précédée?

FRICARD, allant h la porte.

Tenez... (il ouvre la porte et l’on voit écrit: madame absalon.

— SALON ÉPILATOIRE.

MADEMOISELLE VERTEBONNE.'

Oh! est- ce bizarre!...

FRICARD.

Quoi donc?

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Est-ce épatant ! je suis épileuse moi-même!

FRICARD.

Comme ça se trouve!... et les fioles, les teintures, les petits bibelots... à madame Absalon.

C’est bon!... laissez-moi tout cela... ça meublera,., en attendant que j’aie fait venir mon tapissier...

FRICARD.

Ah ! madame a un tapissier.

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Oui, je lt5 fais venir de la Guadeloupe... c’est loin, mais je n’ai de confiance qu’en lui, pour le bois des îles... Laissez-moi.

FRICARD.

Si madame avait besoin de mes services... '

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

Je vous demanderai le cordon.

FRICARD.

Par la fenêtre.

ENSEMBLE

Air : J'ai visité le Canada (Hervé) .

MADEMOISELLE VERTEBONNE.

C’est convenu, c’est entendu, Surtout pas de malentendu.

Ce soir ici j’installe Ma malle!

Puis je reste Iran.iaillement Dans ce modeste appartement, Bien peu décoré fraîchemenl,

C’est convenu, c’est entendu.

Surtout pas de malentendut.

Oui ce soir elle installe Sa malle !

Et va rester tranquillement Dans ce modeste appartement.

Bien peu décoré fraîchement.

(Fricart sort.)

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