ACTE PREMIER
nant de la rue, à l'abri de ton regard, dégageant nos bras, nous nous étions éloignés l'un de l'autre, Henri et moi ?
GLAIRE, anxieuse.
Est-ce possible ?
MARIE
Je ne parle pas pour moi. Mais j'ai connu des ménages comme cela, pourtant.
GLAIRE
Vraiment I
MARIE
A voir des époux si unis en apparence, personne ne soupçonnerait jamais ce qui se passe entre eux dès qu'ils sont seuls. Ils ont l'air de s'adorer. En réalité, monsieur reste chez lui, madame chez elle, et parfois des journées entières se passent sans qu'un seul mot ait été échangé entre eux.
GLAIRE
Non... il y a de mauvais ménages, mais on le sait.
Rarement.
MARIE
GLAIRE
On peut se fâcher, mais tout s'arrange à la fin. Chacun se fait des concessions; on tient un registre.
MARIE
Oui, après les fâcheries vient le pardon, et les meilleurs ménages sont faits de ces alternatives de brouille et de raccommodement. Mais il arrive aussi.
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et plus souvent qu'on ne pense, des déceptions cruelles, définitives.
GLAIRE
Mais quelles déceptions?...
MARIE
11 y c.n^a de toutes sortes, car les hommes ont mille façons de faire soulFrir une femme. La personne dont je te parle a éprouvé la plus terrible de toutes. En une seconde, par une simple nouvelle apprise au liasard, elle est tombée du ciel sur la terre ; son amour pour son mari est mort tout d'un coup; ça été comme un arracliement. Alors... (s'altendrissant malgré elle.) amour-propre humilié... illusions perdues... foj^er détruit...
GLAIRE, embrassant Mario.
Ma sœur chérie... moi qui te croyais si heureuse!
MARIE, lui tendant la main.
Chut!... tais-toi ! à personne ! tu entends!... à personne I
GLAIRE
A personne ! Oh ! non ! papa et maman seraient trop malheureux !
MARIE
Et maintenant, décide pour M. Pascal Grandin.
CLAIRE
Oh ! je ne sais plus, moi, maintenant !
HE\RI, entrant.
Eh bien, elle accepte ?
MARIE
Elle va nous le dire.