ACTE DEUXIEME
une plume... et votre cavalier n'a qu'à se laisser conduire.
GLOTILDE, après Un temps.
Dis donc, Prosper, c'est le petit salon, ici?
DURAND
Oui. Eh bien ?
GLOTILDE.
Eh bien? Nous sommes seuls.
DURAND
Et alors?
GLOTILDE.
Et alors, je suis étonnée que tu n'aies pas déjà profité de roccasion...
DURAND, lui donnant un gros baiser.
Tiens! je t'adore, tu sais!...
GLOTILDE.
Moi aussi,
DURAND
Que ne t'ai-je rencontrée plus tôt!
GLOTILDE.
Oui... nous avons du retard. Il faut le rattraper.
DURAND, regardant la pendale.
Une heure moins le quart seulement.
Dans une demi-heure, nous pourrons partir.
DURAND
Nous n'attendrons pas le souper?
GLOTILDE.
Non... Tu as faim, peut-être?
DURAND
Oui... C'est effrayant ce que j'ai toujours faim depuis que nous sommes mariés...
GLOTILDE.
Moi aussi. Ça creuse, le mariage... Mais souper ici, avec tout ce monde... on n'est pas libre... on n'est pas chez soi.
DURAND, lui embrassant les mains.
Chez nous.
GLOTILDE.
Une idée!... Si nous allions souper au cabaret, comme tu dis?,..
DURAND
Bravo!
GLOTILDE.
Ce serait si gentil 1 Toi, en liabit, moi en toilette de bal!... A la Maison Dorée!...
DURAND
Gomme tu voudras.
GLOTILDE.
Nous monterons le petit escalier... tu sais... celui qu'on voit de la rue...
DURAND
Gomme en fraude...
GLOTILDE.
Un tout petit cabinet, n'est-ce pas?
DURAND
Oui. .