‹ Madame AgnèsChapitre 119 sur 189 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

M. de Mornang me fait la cour... Et cela vous porte ombrage.

HENRI

Personne ne me porte ombrage, car je suis sûr de vous, mais je tiens simplement à ce que vous sachiez, que si vous vouliez bien renoncer à votre rôle de femme veuve, j'étais, moi, toujours disposé à jouer auprès de vous les amoureux.

MARIE

Eh bien, mon cher, je ne vous vois pas du tout dans ce rôle-là 1 Peut-être auprès d'une mademoiselle Georgette quelconque, auriez-vous beaucoup de succès; mais pas avec moi. Et tenez ! un bon conseil : ne m'agacez pas les nerfs en ce moment, si vous voulez éviter un scandale. Vraiment, j'ai envie de crier à tout le monde la façon dont vous vous êtes conduit à mon égard.

HENRI

Mais...

MARIE

Usez à votre guise de votre liberté et laissez-moi la mienne.

HENRI

Mais encore... ai-je le droit de savoir quelles sont vos intentions?...

MARIE

Mes intentions! Mais regardez-moi. Ai-je l'air en ce moment d'une femme qui a des intentions? Estce que je sais ce que je veux? Est-ce que je sais seulement si je veux quelque chose?

HENRI

n est clair que vous n'êtes plus la même depuis quelques jours.

MARIE

Non... je ne suis plus la même. C'est-à-dire la femme qui souffre, la femme qui se tait, la femme qui joue la comédie du bonheur... Je vois trop de gens heureux autour de moi... et cela m'irrite, me rend jalouse ! Oui, je veux ma place au soleil comme les autres... et ma part de joie ! Enfin ! je veux faire ce qui me plaît!

HENRI

Mais, pourtant...

MAraE.

Non, non. Tenez ! laissez-moi; cela vaudra mieux. Tout ce que vous faites m'énerve... Je ne veux pas vous entendre. Et puis d'abord... ce soir... je m'amuse I

EU© sort.

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