SCENE II
GEORGES, GLOTILDE.
Glotilde sort de chez Marie, et se dirige vers la porte, mais s'arrête en voyant Georges.
GLOTILDE.
Ah 1 cher monsieur Vautier.
GEORGES
Chère madame, (ils se serrent la main.) C'est une bonne fortune pour moi de vous rencontrer ici sans votre mari ?
CLOTILDE
Sans mon mari ? Pourquoi ?
GEORGES
Pour pouvoir vous dire de lui tout le bien que j'en pense. Il m'a paru charmant tout à fait.
GLOTILDE.
Oui... j'ai eu de la chance... jugez donc I C'est si grave un second mariage. Il y a tant de risques dans ces opérations-là.
GEORGES
Somme toute, ce n'est qu'un report. Je me rappelle encore votre mariage, le premier.
GLOTILDE.
Pauvre Hippoyte! quelle bonne nature c'était... S'il est vrai qu'on voit tout de là-haut, il assiste à mon bonheur... et ça doit le rendre bien heureux.
GEORGES
En tout cas, ça lui rappelle des moments agréables. Ah ! c'est qu'il vous aimait de bon cœur, lui aussi. Je vois encore votre portrait à tous deux au Salon. Le peintre, pour vous faire patienter, avait imaginé de vous faire lire dans le même livre. — Ce bon Hippolyte, tout en suivant le texte clignait de l'œil de votre côté et instinctivement avançait les lèvres. On était sûr qu'avant deux minutes il vous aurait embrassée.
C'est que c'était ça.
GEORGES
Et comment allez-vous vous faire peindre avec M. Durand? Pas comme hier à la Maison Dorée... au moment de la salade russe.
GLOTILDE.
D'abord, comment savez-vous que nous étions à la Maison Dorée ?
GEORGES
De la manière la plus simple. En sortant d'ici j'y suis allé aussi, afin d'y retrouver quelques amis. Et comme je passais devant le 16, je vous ai aper-