ACTE TROISIÈME
HENRI
Tonnerre !
AUGUSTE, à part.
C'est drôle!... (Désignant Georges.) C'est celui-ci qu'on va tromper, (oésigaant Henri.) Et c'est celui-là qui se fâche : ce d^it être le frère... ou, qui sait, peut-être un second amant.
GEORGES
Après?
AUGUSTE
Après, j'ai de nouveau gagné la confiance de la concierge, mo3'ennant une seconde pièce de vingt francs; et elle m'a dit que son nouveau locataire attendait dans la journée même, sur le coup de deux heures, une dame qu'elle avait l'ordre d'introduire immédiatement dès qu'elle se présenterait. Alors, vous comprenez... c'était tout ce que je voulais savoir... j'étais fixé., et je suis venu vous prévenir.
GEORGES
Bien.
AUGUSTE
Mais comme il s'agissait de ne pas perdre de temps, je suis passé chez le commissaire. J'ai vu son chien et je l'ai prié de préparer d'urgence toutes les pièces pour un procès-verbal de constat. Il vous attend et vous arriverez au bon moment.
GEORGES
Le commissaire? Pourquoi le commissaire?
AUGUSTE
Mais j'ai cru bien faire. J'avais pensé que si monsieur faisait filer l'autre avectant d'insistance.
102 CRISE CONJUTtALE
c'était pour arriver à les prendre en flagrant délit, (un temps.) Mais monsieur n'est pas forcé... Monsieur fait aussi bien d'ailleurs... et je connais des gens très comme il faut... comme monsieur... qui tiennent à être fixés... pour la gloire d'être fixés... sans vouloir pour cela rien changer aux choses. Monsieur est libre. Mais moi, je ne pouvais pas prévoir.
Gela suffit, mon ami... Je vous remercie... Je réglerai l'agence et on vous soldera vos déboursés. Voici pour vous.
Il lui donne un billet de cent francs.
AUGUSTE
Merci, monsieur... et à votre service, (il sort, et revenant.) Quand vous aurez besoin de l'agence... Auguste... demandez toujours Auguste. Je crois bien qu'il n'y a pas mon pareil dans la maison. (En s'en allant.) Car j'en sais long, allez, monsieur... et si jamais, je voulais écrire mes mémoires... moi aussi!
Il sort.