ACTE TROISIÈME
HENRI, à Georges.
Gomme cela, nous la verrous venir, et elle ne passera pas, je t'en réponds!
GEORGES
Du calme, mon ami, du calme. C'est le moment ou jamais d'en avoir.
HENRI
Non, jamais je n'aurais pensé qu'elle en serait venue là I
GEORGES
Attends. Si tout l'accuse, rien ne la condamne encore.
ANNETTE, rentrant.
Voici la clef, monsieur.
HENRI, jetant la clef sur la table.
C'est bien, je vous remercie.
ANNETTE
Monsieur me permet de me retirer ?
HENRI
Pas encore, (sas, à Georges.) Vois où j'en suis. J'interroge les domestiques à présent. (Haut, à Annette.) Vous étiez avec madame, disiez-vous tout à l'heure ?
ANNETTE
Oui, monsieur.
HENRI
Vous n'avez rien remarqué d'extraordinaire dans son allure ?
ANNETTE
Non, monsieur.
ion CRISE CONJUGALE
HENRI
Répondez-moi franchement, n'est-ce pas. Vous devez bien comprendre qu'ilse passe en ce moment quelque chose de très grave et que si vous ne disiez pas la vérité...
ANNETTE
Je ne dois pas cacher à monsieur que j'ai trouvé madame un peu agitée. Mais j'avais mis cela sur le compte de son indisposition d'hier.
HENRI
Vous l'avez aidée à s'habiller ?
ANNETTE
Oui.
HENRI
Elle vous a paru comme d'habitude ?
ANNETTE
A peu de choses près.
HENRI
Quelles choses ?
ANNETTE
Des riens... madame était très énervée.
Après ?
ANNETTE
Elle voulait sortir, et une minute après, elle ne voulait plus. Et puis, elle s'est mise à pleurer aussi, oui... tout à coup, à propos de rien. J'ai même eu peur un instant qu'elle ne fût malade, comme hier soir, et je lui ai dit que j'allais vous chercher... Alors, elle s'est dressée devant moi, en