ACTE TROISIEME
ne va pas contre la nature. Ce n'est pas ta faute s'il éclate. Malheureuse !... Cette pitié que j'ai si souvent implorée à gonoux et que tu m'as toujours obstinément refusée, aujourd'hui, tu en '^is plus besoin que moi.
Non; tout plutôt que cette existence.
HENRI
Il ne tient qu'à toi de la changer.
Il s'approche d'elle.
MARIE, se reculant.
Non, non... jamais!...
HENRI
Réfléchis bien... en es-tu sûre? Est-ce vraiment jamais !
MARIE
Jamais.
Henri, après un temps, va à la porte du fond et l'ouvre toute grande.
HENRI
Alors, la route est libre...
Marie va lentement prendre son chapeau et son manteau qu'elle tient à la main et se dirige doucement vers la porte. Elle s'arrête à mi-chemin et tombant assise sur le canapé, éclate en sanglots. Henri, après un temps, va la rejoindre et s'avançant derrière elle, lui parle dans le cou.
Tu vois bien que tu n'as pas osé la franchir, cette porte? C'est que tu as bien compris tout ce qui t'attendait au delà, de misères et de hontes. Par là, vois-tUj c'est la peur, le mensonge, la déchéance, c'est
l'adultère, en un mot. Tandis qu'ici, c'est l'honneur, et c'est aussi l'amour, situ le veux.
Vous m'avez tant fait souffrir !
HENRI
J'ai souffert plus que toi, car je n'avais que moimême à accuser de ma souffrance. Mon indulgence est faite de repentir; que la tienne soit faite de pitié. Tu m'as rendu si malheureux ! Et tu m'as fait si peuri
MARIE, vaincue.
Pardon!
Henri la prend dans ses bras et la couvre de baisers.
HENRI
Ma femme!
GEORGES, il entre avec précaution et pousse unsouplrde soulagement.
Ah! (Après un temps.) Mais bon Dieu! que j'ai eu peur!