ACTE PKEMIEH, SCÈiN'E III
vous? Parlons de vous plutôt. Je suis sûr que vous veniez nous demander à dîner.
MARTUE
C'est-à-dire qu'il eût été possible, si vous aviez été là tous deux, que je me fusse laissé tenter.
ANTOMiX
Mais qu'est-ce qui vous empêche de rester? Justement Gabrielle se trouve seule ce soir... J'ai un banquet. {Montrant son habit.) Et c'est pour ça... Tenez... vous allez vous installer là, bien gentiment, avec un livre ou un journal, jusqu'à ce qu'elle rentre...
Mais Gabrielle sait que vous ne dînez pas?
ANTOMN
Bien entendu.
MARTHE
Alors elle rentrera siirement pour vous embrasser avant votre départ ?
ANTOMN, vioement.
Oui, oui... C'est bien convenu qu'elle doit rentrer... Mais moi, je suis à heure fixe... tandis qu'elle... A Paris, vous savez... les relards... les encombrements...
MARTHE
Qu'est-ce qu'elle fait aujourd'hui ?
ANTONiN, inre forcé.
Comment voulez-vous que je sache? Des visites sans doute... des courses...
MARTHE
Ah ! VOUS n'êtes pas d'habitude au courant?...
ANTOMN
Non... C'est-à-dire si... Justement... ça me revient à présent... Elle a dû passer la journée chez Madame de Couteilhas...
MARTHE, légère grimace.
Heu!
ANTONIN, qui na pas remarqué le mouvement.
Elle répète une comédie... un rôle en travesti... Tout le monde s'accorde à dire qu'elle y sera délicieuse.
MARTHE, inême jeu.
Ah ! Un travesti ?
ANTOMN, de plus en plus gêné.
Oui... par exception... un service à rendre au dernier moment... Il était difficile de refuser...
MARTHE
Ah ! (Elle le regarde fixement.)
ANTOMN, sa gêne persiste — regards autour de lui. On voit qu il cherche un moyen d'éluder; à ta fin^ il tire sa montre.
Eh! eh! six heures et demie... Je vous demande pardon... il faut absolument... (Il va au fond et revient.) Je suis bête... mon claque... j'allais partir sans mon claque... (Cherchant machinalement.) Ah ! dans ma chambre !... (// va vers la gauche.)
MARTHE, vivement.
C'est vrai? C'est là votre chambre, maintenant?