‹ Madame AgnèsChapitre 169 sur 189 · ACTE PREMIER, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER, SCENE VI

ANTOMN

Et VOUS n'avez pas encore dîné, je viens de voir ça... J'étais entré directement dans la salle à manger, pensant vous trouver à table.

MARTHE

Oui, c'est vrai... nous bavardions et, ma foi, le temps a passé si vite...

ANTOMN

...Que vous en avez oublié l'heure. Ça se trouve à merveille. J'aurai le plaisir de vous tenir compagnie... Et j'ai une faim! {Mouvement d'interrogation de Marthe.) Oui, figurez-vous... nous étions là, depuis une bonne demiheure déjà, à attendre notre Président, quand tout à coup, une dépêche...

Malade?

ANTONIN

Non. Mort. Pauvre diable! Naturellement, en qualité de Vice-Président, j'ai proposé d'ajourner le banquet en signe de deuil... et voilà pourquoi je... {Son regard s'est arrêté surGabrielle.) Qu'est-ce que tu as? Ces yeux gon- Hés?

MARTUE, prenant Gabrielle par la main et la poussant vers Antonin,

Embrassez-la vite et aimez-la. Je l'ai fait pleurer tout à l'heure en lui apprenant qu'elle ne vous rendait pas complètement heureux.

ANTONIN, à Marthe.

Comment? Vous avez donc parlé? Moi qui vous avais supplié pourtanti..

MARTHE, souriant.

C'est vrai... Mais je n'avais rien promis. {Un temps, sérieuse.) Mon devoir était tout tracé et Gabrielle m'en aurait voulu de ne pas Uavoir avertie... de ce qu'elle était si loin de soupçonner. [Se tournant vers Gabrielle.) N'estce pas ?

ANTONIN, ayec émotion, prenant la main de Gabrielle. Sois sûre que je ne t'ai pas accusée.

GABRIELLE, ks ]jeux baissés et d'une voix faible. Tu aurais pu le faire. J'ai été bien coupable envers toi.

MARTUE, les regardant.

Alors la paix est faite?

ANTON m

Oui. Et tenez... Nous signons le pacte. (// embrasse longuement Gabrielle à qui il tend ensuite son front. Celle-ci l'embrasse à son tour, non sans un visible effort.)

MARTUE, avec un sourire un peu forcé.

Eh bien, vous voyez... Tout est bien qui finit bien. Allez vite dire qu'on mette votre couvert.

ANTOMN

Oui... Et je passe un veston aussi. En habit, comme ça... il me semble que je suis chez les autres. [Un temps. A Gabrielle, lui embrassant la nia'm.) Qu'au moins, j'aie bien le sentiment d'être chez moi... pour une fois où je suis si heureux d'y être!

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