SCÈNE VII MARTHE, GABRIELLE
GABRiELLE, qui a suivi des yeux Antonin ; après que la porte s'est refermée derrière lui] découragement profond.
Ah! c'est épouvantable, Marthe, ce que tu viens de faire là! Que vais-je devenir maintenant? Je n*ai plus qu'à apprendre à^ souffrir! .
MARTHE, avec autorité.
Non. Ceux qui ont un devoir à remplir dans l'existence et qui le remplissent sont encore les privilégiés. Ne te plains pas!
GABRIELLE
Mais pense à cette vie queje vais mener! Lui sourire... Avoir l'air de m'intéresser à ses travaux... Mentir à tous les instants! Sans parler de... Ah! Marthe! Quelle honte! [Avec une peur croissante.) Tout à l'heure, quand tu seras partie... qu'arrivera-t-il? Ah! non! vois-tu! Je ne peux pas! Je ne peux pas! C'est au-dessus de mes forces, un tel supplice !
MARTHE
Et quand bien même tu souffrirais, ce ne serait que juste! Toute faute réclame une expiation! Tu parlais tout à l'heure d'accomplir de grands devoirs de charité et de religion. Au plus pressé d'abord! Et contente-toi de ceux d'abnégation qui se présentent.
GABRIELLE
Mais je le hais, cet homme !
MARTHE
Non,' tu ne le hais pas. Tu trouves seulement plus commode de lui attribuer la cause de tes torts. Ta conscience se décharge sur lui. Apprends à le connaître, avant de le juger. Et qui peut savoir alors? Peut-être tes souffrances seront-elles moins cruelles et moins longues que tu ne le crains?
GABRiELLE. civec UH oir de découragement jjrofoud. Ah ! Dieu t'entende!
ANTOMN, paraissant au fond et allant offrir son bras à Marthe.
A table.